À la Une: la situation en Afghanistan est-elle comparable à celle du Mali ?

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Avec le départ annoncé des troupes françaises de Barkhane, les groupes jihadistes pourront-ils à terme investir Bamako et s’emparer du pouvoir, à l’instar des Talibans avec la prise de Kaboul ?

Le débat fait rage sur les réseaux sociaux et dans la presse. Avec notamment ce post de l’ancien ministre malien des Affaires étrangères, Tiébilé Dramé : « l’issue de la guerre d’Afghanistan devrait faire réfléchir au Mali et au Sahel, affirme-t-il. Notamment ceux qui, depuis des années, formulent les mêmes demandes que les chefs de guerre terroristes. Concentrons-nous sur la construction d’un État viable. S’unir ou périr ! »

« Le scénario afghan est-il possible au Mali ? », s’interroge le quotidien en ligne Malikilé. « De même que ce qui s’est passé en Afghanistan avec les troupes américaines, la France aussi est engagée dans un processus de retrait de Barkhane au Mali. Une perspective qui donne de nouvelles espérances aux groupes djihadistes sur le terrain. Faut-il dès présent commencer à tirer tous les enseignements de la situation en Afghanistan ?, s’interroge Malikilé. Il y a bien là matière à réfléchir ! Même si comparaison n’est pas raison. »

Les jihadistes sahéliens se sentent pousser des ailes…

Ce qui est sûr, c’est que « l’échec des américains contre les Talibans inspire le chef djihadiste Iyad Ag Ghali », pointe pour sa part le site d’information Maliweb. « Un message audio récemment diffusé témoigne de l’enthousiasme du chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, la principale branche armée djihadiste dans le nord du Mali. » En effet, précise Maliweb, « Iyad Ag Ghali s’en est à nouveau pris à la France en indiquant que la fin de l’opération Barkhane constituait un grand espoir à poursuivre la lutte. ‘Notre heure est venue’, a exhorté le chef djihadiste. »

En tout cas, poursuit Maliweb, « cette victoire des talibans qui inspire le chef djihadiste suscite déjà des interrogations sur le plan national en raison de la similarité entre les deux pays. Autant l’armée afghane défaite était réputée corrompue avec des effectifs fictifs, autant celle du Mali ne manque pas de reproches. Cette dernière traîne dernière elle des scandales de détournements de deniers publics lors de l’achat d’équipements militaires et d’avions de combats. Autant de pratiques qui ont contribué à mettre à terre l’armée afghane malgré les soutiens colossaux dont elle a bénéficié de l’Occident. De quoi interpeller les autorités maliennes, voire les pays du Sahel, estime Maliweb, qui au-delà des clivages politiques doivent anticiper en faisant de la lutte contre le terrorisme la priorité des priorités pour éviter que ce vaste territoire ne tombe dans les mains ennemies. »

Quelles leçons ?

Pour le quotidien Aujourd’hui  à Ouagadougou, il y a plusieurs leçons à tirer de la situation afghane :

« Le Sahel doit se battre d’abord avec ses moyens et compter ensuite sur les autres. Les moyens de guerre colossaux pèsent peu face à des combattants aguerris et connaissant le terrain. Aucun pays étranger ne veut que le Sahel ne devienne un bourbier pour lui et, à tout moment, les alliés extérieurs peuvent plier bagages. Les terroristes et assimilés qui imposent cette guerre n’ont rien à perdre. Ils peuvent mener cette lutte aussi longtemps que les fruits des rapines et des rapts et l’économie crapuleuse restent florissants. La mal-gouvernance doit cesser et l’avènement d’Etats forts sont aussi de mise. L’accent enfin doit être axé sur des armées aguerries à cette nouvelle guerre au Sahel. »

Un front commun sahélien ?

« Et si le Mali et l’Afrique tiraient la leçon afghane ! », lance pour sa part le site Guinée Matin : « si, en Afghanistan, les talibans, en dépit de leur radicalisation, sont capables de diriger un pays, en revanche au Mali les groupes armés ne sont pas organisés pour assumer une telle responsabilité, estime le site guinéen. Leur éventuelle invasion de Bamako créerait un véritable chaos dans ce pays et chez tous ses voisins immédiats dont la Guinée. C’est en raison de ce danger qui nous guette que les Africains et plus particulièrement la CEDEAO ne doivent pas croiser les bras, affirme encore Guinée Matin, et attendre que la France gère toute seule le dossier malien. Si le feu s’allume demain au Mali, c’est toute la sous-région qui risque de s’embraser. D’où l’impérieuse nécessité de prendre les devants, conclut le site guinéen, afin d’aider ce pays pour que le Mali sorte la tête de l’eau. Il y va de son avenir mais aussi de celui de ses voisins. »

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