À la Une: le Mali, un an après la chute d’IBK

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« Le 18 août 2020, rappelle Mali Tribune, le Président Ibrahim Boubacar Keita, dont le régime était violement contesté par un mouvement hétéroclite, rendait dans la soirée sa démission aux militaires qui l’avait conduit manu militari au camp de Kati. Un an après sa chute, le statu quo est là, estime Mali Tribune. Les mêmes maux demeurent toujours. (…) Aucun changement significatif. (…) La situation sécuritaire sous l’ancien régime demeure sous les nouvelles autorités dirigées par le Colonel Goïta et s’enlise davantage. L’insécurité a atteint son paroxysme sur l’ensemble du territoire alors que l’arrivée des militaires au pouvoir avait suscité beaucoup d’enthousiasme au sein de la population qui voyait en Goïta et ses hommes des messies capables de mettre fin à la recrudescence des activités des groupes armés dans plusieurs régions du pays, le long des routes, mais aussi les massacres à répétions dans certaines zones.

Sur le plan social, poursuit Mali Tribune, la situation est exécrable. Les populations ont la nette impression d’une action publique sans but, sans visibilité, d’un exercice du pouvoir qui fait tourner à vide le panier de la ménagère et qui ne répond plus aux besoins de la famille. La flambée des prix s’est généralisée. Tout est cher dans nos marchés. » Qui plus est, « le bras de fer entre les syndicats d’enseignants et le gouvernement est toujours aussi tendu. » Bref, conclut Mali Tribune, un an après la chute d’IBK, « le tableau est à la fois sombre et catastrophique. »

La présidentielle de 2022 renvoyée aux calendes grecques ?

Toutefois, pour Le Pays au Burkina voisin, « la plus grande des désillusions des Maliens est désormais l’horizon incertain des élections qui étaient censées ramener l’ordre constitutionnel dans le pays. Même si le Premier ministre, Choguel Maïga, ne s’est pas encore dédit quant à sa promesse de tenir les engagements internationaux, il devient certain avec les manœuvres politiques en cours, estime Le Pays, que le rendez-vous de février 2022 ne sera pas tenu. Et il y a fort à craindre qu’avec ce rendez-vous manqué qui s’annonce, le Mali ne s’isole davantage sur la scène internationale avec les menaces à peine voilées de sanctions politiques et économiques de la communauté internationale, surtout que le régime semble prendre des libertés avec les droits humains (…). »

En tout cas, pointe encore Le Pays, « s’il y a des succès à mettre à l’actif d’Assimi Goïta, c’est d’abord son habileté diplomatique qui lui a permis jusque-là de soustraire le Mali des sanctions économiques de la CEDEAO. Mais c’est aussi et surtout sa grande capacité de faire diversion. En effet, surfant sur le sentiment antifrançais qui se développe au sein des populations africaines, il s’est revêtu du costume du révolutionnaire pour s’approcher, dans l’imaginaire collectif, de figures légendaires comme Thomas Sankara et avancer masqué sur son funeste dessein de pérennité au pouvoir. »

Afghanistan-Mali : le débat se poursuit…

À la Une également, un débat qui se poursuit : le Mali va-t-il suivre la trajectoire afghane ? Pour Le Monde Afrique, la réponse est non : « contrairement aux Etats-Unis en Afghanistan, la France n’est pas près de se désengager du Sahel. Le 10 juin dernier, Emmanuel Macron a certes annoncé la fin de la mission Barkhane en tant qu’opération extérieure, mais une ‘transformation profonde’ de la présence militaire française au Sahel va s’amorcer, a précisé le président français. Le début du retrait, fin 2021, sera progressif. S’il doit concerner, à une échéance encore indéterminée, au moins 40 % des effectifs, quelque 3.000 à 2.500 soldats devraient rester sur le terrain, dans le cadre d’une lutte antiterroriste internationalisée. Toutefois, reconnait Le Monde Afrique, la fermeture des bases militaires françaises au nord du Mali (Tombouctou, Kidal et Tessalit) d’ici à 2022, inquiète. Au début de la guerre en 2012, les soldats maliens avaient été contraints d’abandonner certaines de leurs positions à l’ennemi, une coalition composée de groupes djihadistes et indépendantistes rebelles. Dix ans plus tard, ces villes seront-elles reprises par les djihadistes, une fois les bases françaises closes ? La question taraude les observateurs, car l’armée malienne, malgré neuf années passées sous perfusion occidentale (formations, armements, financements), semble toujours incapable de rivaliser avec un ennemi qui ne cesse de répandre son influence vers le sud. »

Enfin, s’il y a une leçon à tirer du scénario afghan, c’est celle-ci, estime le chercheur Elie Tenenbaum, cité par Le Monde Afrique : « être modeste dans ses ambitions. Il faut que les acteurs internationaux qui, légitimement, vont protéger leurs intérêts, essaient d’avoir un périmètre réduit à une juste suffisance. Le reste doit dépendre des acteurs locaux. »

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