À Maurice, la culture du thé se transmet de génération en génération

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À la fois un patrimoine et une industrie à fort potentiel de croissance, le thé mauricien cherche à se réinventer. Les autorités mauriciennes ont sollicité l’assistance technique de la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, afin de moderniser ce secteur. Environ 10% des théiers, dont certains sont centenaires, ont résisté au temps. Le correspondant de RFI à Port-Louis s’est rendu dans un village du sud de l’île, Nouvelle France, où la culture du thé est une tradition de génération en génération.

À 9h du matin, le soleil est déjà haut dans le ciel pour ce groupe de cueilleurs très matinal dans le village de Nouvelle France. Parvatee Bharat vient de terminer sa journée : « Aujourd’hui, nous sommes arrivés à 3h du matin dans les champs. Là, nous allons rentrer. Dès fois, nous faisons la cueillette les après-midis également. J’ai aussi une petite plantation. Matin et après-midi, il faut cueillir pour pouvoir se faire un peu d’argent. »

Parvatee et ses trois amis ont recueilli aujourd’hui 50 kilos de feuilles de thé, vendus à 20 Rs le kilo, ce qui fait un revenu d’environ 50 centimes d’euro par personne.

Ravin Padaruth, la cinquantaine assiste à une lente dégradation de la récolte, d’année en année : « Là, actuellement, le rendement est maigre. À cause du changement climatique, le temps froid se prolonge. Il faut un temps plus chaud pour une meilleure formation des feuilles de thé.»

Introduit par un Français, c’est grâce à l’arrivée des Anglais que le thé connaît son essor 

Les autorités datent l’introduction du thé à Maurice en 1760 par un prêtre français. Mais ce sont les Britanniques qui l’ont développé des siècles plus tard. Une partie a fièrement résisté au temps, rappelle Ashwin Bokhoree : « La plupart des plantations a Maurice sont presque centenaires. Beaucoup datent des années 1930, 1940. Les dernières années de création de plantations, c’était en 1956. »

Cet ingénieur aéronautique a abandonné sa carrière pour reprendre une tradition familiale. Il dirige aujourd’hui La Chartreuse, une des quatre usines de thé de Maurice. Des usines appelées à se moderniser. L’État a fait appel à la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, pour une pleine assistance. Malini Alleck, responsable scientifique au ministère de l’Agro-industrie : « C’est surtout pour miser sur les nouvelles techniques de production aux champs et dans les usines, et par là même, promouvoir le thé mauricien qui a des caractéristiques de terroir. »

La relance de cette industrie devrait aussi sauver un patrimoine intrinsèquement lié à la vie de certains villages.

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