Accident en Sierra Leone: le président rentre précipitamment pour se rendre sur les lieux du drame

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Le président sierra-léonais, Julius Maada Bio, est rentré précipitamment de Glasgow et modifié son agenda qui devait le conduire au Ghana, au sommet de la Cédéao. Dans la soirée du vendredi 5 novembre, une violente explosion d’un camion-citerne, après un accident, dans la zone industrielle, près de Freetown, a conduit à la mort d’au moins 98 personnes et d’une centaine de blessés.

Julius Maada Bio était sur les lieux de la tragédie, ce dimanche matin, et a appelé ses compatriotes à tirer les leçons de l’explosion pour que cela ne se reproduise « plus jamais » en Sierra Leone, des propos recueillis par Kadiatou Diallo, de la rédaction de RFI en fulfulde.

« Nous sommes venus ici, ce matin, pour apporter notre soutien aux victimes de ce drame, ceux qui ont perdu des parents, des biens, et pour connaître les causes de cet accident mortel. Je présente mes condoléances à tous ceux qui ont perdu les leurs, dans cet incendie. Je demande à tout le monde de respecter la loi pour éviter des problèmes. Pour le moment, il y a eu 100 morts et 100 autres personnes sont alitées dans les hôpitaux. Je remercie vraiment le personnel médical qui a fait un travail exceptionnel. Ils ont tout fait, tout le nécessaire pour sauver des vies. Le gouvernement de Sierra Leone appelle la police, les militaires et le personnel médical à prendre des dispositions à travers l’Agence nationale de gestion des catastrophes pour bien s’occuper des corps afin qu’ils soient inhumés dans les meilleures conditions. Et je demande l’appui de tout le monde pour que tout se passe bien. Je connais vos souffrances et vos peines. Nous les partageons tous ensemble. Je demande à tout le monde de se donner les mains afin que cela ne se reproduise plus dans notre pays. Plus jamais, plus jamais ça en Sierra Leone. »

Après constater les dégâts, le chef de l’État a promis de prendre en charge toutes les victimes des malades, entendant faire la lumière sur cet incendie : « Nous allons ouvrir une enquête pour connaître les causes de cet incendie, et nous allons nous donner la main pour qu’une telle catastrophe ne se reproduise plus dans notre pays. »


Le bilan officiel s’établit à 100 morts et à 100 blessés graves. Pour l’heure, aucune date n’est annoncée pour l’enterrement des victimes.

Une situation toujours critique, entre victimes calcinées et blessés en état grave

Car les familles continuent de pleurer leurs morts, parfois impossibles à identifier.

Yari Masare a perdu sa sœur, Adama, morte carbonisée dans l’incendie survenu vendredi au quartier PMB. À son domicile, la tristesse et la consternation se lisait sur les visages des parents, amis et voisins de la victime. Le corps d’Adama n’a pas encore été identifié. « Elle est complètement carbonisée, on ne peut même pas l’identifier », regrette Fatima Korouma.

À quelques mètres de là se trouvait la famille de Mohamed Tollet, qui a perdu sa femme. Son petit frère, dans un état critique, est alité à l’hôpital. « Jusqu’à présent, je n’ai retrouvé ma femme. Mon petit frère aussi est complètement brûlé : il est à l’hôpital, je ne sais s’il va s’en sortir », raconte-t-il.

Sur les lieux du drame, les épaves des véhicules, des motos et des tôles calcinés jonchent le sol. Les sapeurs-pompiers et les forces de l’ordre veillent pour empêcher tout regroupement.Fodé Koutoubou, un chauffeur de moto taxi, a perdu plusieurs de ses amis : « Parmi les victimes, il y a beaucoup de conducteurs de taxi moto. Certains sont carbonisés d’autres, ce sont les os seulement qu’on a retrouvés. »


Les hôpitaux sont surchargés, certaines personnes ont été gravement brûlées et leurs jours sont comptés. Nous sommes sur le terrain depuis vendredi pour donner les premiers soins aux victimes et pour transporter les corps de ceux qui sont gravement brûlés à la morgue. Nous apportons un soutien psychologique, mais nous orientons également les victimes vers des centres de soin. Certaines personnes brûlées sont encore gardées chez elles, de peur que l’hôpital soit débordé et qu’elles ne reçoivent pas le traitement nécessaire. Nous avons donc déployé nos ambulances dans les communautés pour les inciter à se soigner. Le moral des victimes est au plus bas : certains ont vu l’horreur de l’accident et se sentent dépassés. Nous avons également déployé nos bénévoles pour sensibiliser la communauté, car beaucoup de gens ont ramassé le carburant et l’ont ramené chez eux. Nous voulons donc leur dire “ce carburant-là pourrait être dangereux et également déclencher un nouvel incendie”.

La situation reste critique à Freetown après l’incendie, selon Kai Kelly de la Croix Rouge de Sierra Leone

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