Africa CEO Forum d’Abidjan: l’Afrique doit davantage produire ce qu’elle consomme

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                L’Africa CEO Forum est notamment consacré à la souveraineté économique en cette période de crise. Alors que la croissance mondiale devrait chuter de 5,7 % en 2021 à 2,9 % en 2022, sur le plan macro-économique, l’Afrique subsaharienne tire pour le moment son épingle du jeu, avec une prévision de croissance de 3,7% cette année, selon les chiffres de la Banque mondiale. Mais dans la perspective d’une crise qui peut durer plusieurs années, le continent doit transformer son économie.                </p><div readability="109.69715603382">

                <p><em>Avec notre correspondant à Abidjan,</em><strong> Pierre Pinto</strong>

Nombre de spécialistes s’accordent sur le fait que si l’économie africaine résiste, elle doit fondamentalement se transformer pour être moins dépendante des importations. Et se transformer rapidement, notamment dans les secteurs de l’agro-alimentaire et de l’énergie. « En Afrique on perd une bonne partie des récoltes chaque année. Si on se dit qu’on ne peut plus perdre ces 20 ou 30% bord champs par manque d’électricité ou de chaines du froid, ça aidera, remarque l’économiste Lionel Zinsou. Si on réduit ces pertes grâce à des efforts d’investissement dans les infrastructures dès les prochaines campagnes, dès 2023 on aura des réponses à nos pénuries. Mais il faut que les banques et les banques centrales fassent leur job comme elles l’ont fait pendant la pandémie », ajoute l’ancien Premier ministre béninois.

Le Covid a été un révélateur de la réactivité et de la résilience de nombreuses économies africaines. Selon le cabinet Deloitte, du fait de ces qualités, les économies africaines sont de nouveaux attractives pour les dirigeants d’entreprises et les investisseurs. C’est aussi l’avis de Makhtar Diop, directeur général de la Société financière internationale, l’institution de développement de la Banque mondiale axée sur le secteur privé dans les pays émergents.


Toute crise est une opportunité pour structurellement transformer la situation. Il y a un potentiel de transformation économique des pays africains en augmentant la valeur ajoutée créée sur le continent en créant des chaînes de valeur, en prenant avantage de la zone libre-échange en train d’être mise en oeuvre et de s’assurer que toutes la barrières non tarifaires puissent être levées […] Ce qui se passe actuellement au niveau des vaccins montre que lorsqu’il y a la volonté politique, on peut faire des choses inimaginables […] Dans les domaines tel que l’alimentaire, telle que la valeur ajoutée à créer autour des chaînes de valeur, le continent peut rebondir.

Toutefois, selon la Banque mondiale, en raison des dommages conjugués de la pandémie et de la guerre, le niveau de revenu par habitant dans les pays en développement sera cette année inférieur de près de 5 % à la tendance pré-Covid. D’où l’urgence de réagir à la fois sur la transformation des économies et sur l’assistance humanitaire aux populations les plus vulnérables à l’inflation.

Climat et développement industriel de l’Afrique : « nous sommes punis », regrette Bazoum

Dans ce contexte économique, comment l’Afrique peut-elle faire face à la conjugaison des crises alimentaire, sécuritaire, inflationniste et climatique ? À la clôture de l’Africa CEO Forum, grand rendez-vous du secteur privé en Afrique, les chefs d’État sénégalais Macky Sall et nigérien Mohamed Bazoum ont donné leurs solutions et plaidé pour le continent.

Face à la crise alimentaire, le continent doit développer ses forages et ses réseaux d’irrigation, ce qui nécessite des financements à long terme, trop rares en Afrique, a déploré Macky Sall. Il faut aussi des engrais dont l’approvisionnement est perturbé par la guerre en Ukraine.

« L’Afrique doit pouvoir obtenir de tous ses partenaires, en particulier les partenaires de l’ouest, qu’on trouve une solution comme du reste l’Europe l’a fait pour le gaz, avec un mécanisme. Qu’on ait ce mécanisme qui nous permette lorsque nous continuons à importer des engrais ou du blé de Russie, qu’on puisse faire le paiement sans difficulté. si nous n’avons pas les engrais, cela veut dire que nous serons exposés à un risque de famine. »

Outre les conséquences de la guerre en Ukraine et la crise sécuritaire au Sahel, les deux chefs d’État sont revenus sur les politiques internationales sur le climat qui pénalisent le continent. L’Afrique qui subit de plein fouet les effets du changement climatique n’est responsable que de 4% des émissions de gaz à effet de serre. Il y a un décalage entre ceux qui définissent ces politiques climatiques lors des COP et les réalités du terrain africain, estime Mohamed Bazoum, président du Niger.

« Nous allons continuer à nous battre. Nous avons des ressources fossiles qui doivent être exploitées. Nous serions même prêts à passer outre ces engagements, sauf que malheureusement, nous ne disposons pas des capitaux pour faire en sorte que le Niger puisse utiliser son charbon pour produire de l’électricité et envisager son industrialisation. Nous avons du charbon, mais avec ces mesures qui sont prises, il n’y a aucune banque qui est prête à s’engager. Nous sommes punis. »

600 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité. On ne peut pas condamner les énergies fossiles a plaidé pour sa part Macky Sall.

► À lire aussi : La transition énergétique de l’Afrique préoccupe, à six mois de la COP27

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