Afrique du Sud: Charlotte Maxeke, la mère de la liberté noire

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L’Afrique du Sud célèbre les 150 ans de la naissance de Charlotte Maxeke. Née en 1871 et décédée en 1939. Elle est parfois considérée comme la « mère de la liberté noire ». Cette femme s’est battue pour défendre les minorités au début du 20ᵉ siècle. Elle fait partie des membres fondateurs de l’actuel parti présidentiel, l’ANC lors d’un congrès en 1912. Alors que l’histoire de la lutte contre l’apartheid entre 1949 et 1994 domine le récit national, la vie de Charlotte Maxeke raconte un autre chapitre : les racines d’un combat et l’émancipation par l’éducation.

De notre correspondant à Johannesburg, 

« Mon père n’est pas allé à l’école, mais il nous a toujours encouragés, moi et mes frères et mes sœurs, à tirer le meilleur de nous-mêmes »

C’est Charlotte Maxeke qui s’adresse à nous dans cette reconstitution. Née en 1871, fille d’une famille noire sans éducation, dans une région rurale d’Afrique du Sud. Pour la fin du 19ᵉ siècle, on peut parler d’obstacles… qu’elle surmontera grâce à l’éducation et la religion.

L’Église permet à Charlotte d’intégrer un chœur qui se produit à l’étranger. En Angleterre, elle croise le chemin des suffragettes, ces militantes qui se battent pour le droit de vote des femmes. Aux États-Unis, Charlotte Maxeke décide de poser ses valises et de s’inscrire à l’université.

« Je suis devenue la première sud-africaine noire à obtenir un diplôme universitaire. »

Que de chemin parcouru à l’âge de 30 ans. C’est de cette ténacité dont il faut s’inspirer aujourd’hui, note l’historienne Thozama April-Maduma

« L’héritage de Maxeke nous permet d’imaginer l’inconcevable. Quand on regarde sa vie via le prisme de l’apartheid, cela paraît impossible pour une femme noire de son âge et à cette période, et pourtant elle l’a fait. C’est cette capacité, ce désir, cette quête de connaissance. »

Riche de ce voyage initiatique aux États-Unis, Charlotte Maxeke rentre en Afrique du Sud pour se consacrer aux autres. Les minorités, les laissés pour compte. Elle s’engage en politique en participant au premier congrès de l’ANC, le parti au pouvoir en 1912. En avril, le président Cyril Ramaphosa célébrait « sa détermination à réussir pour obtenir une éducation et devenir à son tour une éducatrice, une missionnaire, une travailleuse sociale, une militante, une communiste et une militante anti-coloniale. »

Charlotte Maxeke n’a jamais été une star et malgré quelques bâtiments baptisés en son nom, son histoire est peu connue. C’est pourtant un modèle pour Zulaikha Patel, auteur jeunesse de 18 ans et ambassadrice de l’Institut Charlotte Maxeke

« Je la vois comme un géant, un membre fondateur des luttes d’émancipations dans ce pays. Si peu de personnes la connaissent, c’est parce que la place des femmes noires a été éradiquée de notre histoire », explique-t-elle.

Les commémorations autour de la naissance de Charlotte Maxeke se poursuivent toute l’année. Un documentaire sur sa vie sera mis en ligne le 16 octobre.

 

 

Extraits reconstitution issus du Charlotte Maxeke-Mannya Institute.

Extraits musicaux issus de « The African Choir 1891 Re-imagined » par Philip Miller et Thuthuka Sibisi (2017)

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