Afrique du Sud: la communauté LGBT pleure Desmond Tutu et se souvient de son soutien

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                En Afrique du Sud, la communauté LGBTQI+ regrette également le décès de Desmond Tutu, dimanche 26 décembre à l’âge de 90 ans. Car parmi ses nombreux combats contre toutes formes d’injustice, l’archevêque avait élevé à de nombreuses reprises la voix pour défendre cette communauté. Il assurait même qu’il « <em>refuserait d’aller au paradis</em> » si l’endroit était « <em>homophobe</em> » et il avait également donné sa bénédiction à sa fille, qui avait renoncé à la prêtrise pour se marier avec une autre femme.                </p><div readability="68.199203187251">

                <p><em>Avec notre correspondante à Johannesburg,</em> <strong>Claire Bargelès</strong>

Desmond Tutu considérait que la défense des droits LGBTQI+ était la suite logique de son combat pour les opprimés et les personnes marginalisées. En 2013, lors du lancement d’une campagne des Nations unies centrée sur le sujet, il a prononcé un discours devenu célèbre :

« Je suis aussi passionné par cette campagne que je l’étais par le combat contre l’apartheid. Nous devons devenir une société, où chacun est libre d’être celui ou celle que Dieu les a conduits à être. » Avec la phrase choc qui a marqué des esprits : « Je ne vénérerai pas un Dieu homophobe (…) Je refuserai d’aller dans un paradis homophobe. Non, je dirais “désolé, je préfère de loin aller de l’autre côté”. »

Keval Harie directeur de l’organisation Gala Queer Archive, regrette aujourd’hui la disparition de cette parole libre : « L’archevêque était vraiment un allié de la communauté. Et je pense que c’était très important qu’en tant que membre du clergé, vêtu de sa robe religieuse, il arrive à montrer qu’il y a une place, au sein de l’église, pour les personnes LGBTQI+. »

Phumi Mtetwa, militante de longue date de la cause homosexuelle dans le pays, salue également le courage de l’archevêque, qui ne mâchait pas ses mots : « Il n’hésitait pas parfois à s’opposer à des leaders religieux, ne doutant jamais et assumant jusqu’au bout sa conviction que la dignité de nombre d’entre nous était plus importante. »

Ces prises de positions de Desmond Tutu n’auront en tout cas pas laissé indifférents l’Afrique du Sud, mais aussi le continent, où l’homosexualité est encore réprimée dans de nombreux pays.


Desmond Tutu a été la voix des sans voix. Il a siégé à des tables où la communauté LGBT n’était pas conviée. Donc il a parlé en notre nom. Son discours en 2013 nous a vraiment touchés, parce que quand il dit qu’il ne prierait pas un Dieu homophobe, ça remet en cause tous les chrétiens qui sont contre la communauté LGBT. Donc, nous nous sommes sentis compris, aimés, d’autant plus qu’après son discours, il y a eu beaucoup de changements, notamment la décriminalisation des relations homosexuelles. Comme ils l’ont fait récemment au Botswana, après deux ans de lutte avec le gouvernement. La même chose s’est produite en Angola et aussi au Mozambique. Donc vous voyez, beaucoup de pays ont décriminalisé l’homosexualité. Desmond Tutu nous a toujours soutenus. Sa mort est un coup dur, car il est irremplaçable. Mais j’aimerais croire qu’en tant que communauté, nous allons pouvoir poursuivre la lutte en faveur des droits des homosexuels

Nate Brown, directeur exécutif de l’association Pan Africa ILGA

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