Afrique du Sud: les partisans d’un revenu de base remettent le dossier sur la table

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Suite à la troisième vague de Covid-19 et aux émeutes du mois dernier, le pays a remis en place une aide mensuelle de 350 rands – soit une vingtaine d’euros – pour les plus démunis. Alors que les aides sociales habituelles versées à 18 millions de Sud-Africains ne suffisent pas à couvrir tous les besoins, le gouvernement songe désormais de plus en plus à pérenniser cette aide d’urgence, sous la forme d’un revenu de base – une sorte de revenu vital. Un projet encore inédit en Afrique. 

Avec notre correspondante à Johannesbourg, Claire Bargelès

Le ministère du Développement social vient de publier un document étudiant différentes réformes envisagées. La création d’un tel revenu fait partie des options sur la table.

L’idée est loin d’être nouvelle puisque cela fait plus de vingt ans que des membres de la société civile sud-africaine militent pour la création d’un revenu de base. Mais désormais, ils ont toute l’attention de la ministre du Développement social Lindiwe Zulu : « Je pense que l’aide de 350 rands peut vraiment devenir un tremplin pour l’idée d’un revenu de base. Il faut que cette idée voit le jour, maintenant. Si on ne le fait pas, on va se retrouver dans une situation très difficile. »

La taxation des plus riches, piste évoquée

Isobel Frye, directrice de l’Institut d’études de la pauvreté et de l’inégalité (SPII), se réjouit de ces annonces, alors que le chômage touche 32% de la population, et que l’Afrique du Sud est l’un des pays les plus inégalitaires du monde : « Il faudrait que ce soit un revenu universel. Et que la somme choisie soit suffisante pour vraiment faire une différence. Il faudrait que le montant soit assez élevé pour stimuler l’économie des townships et l’économie des zones rurales. »

La taxation des plus riches est une piste évoquée comme source de financement possible d’un tel revenu. Une idée qui ne plaît pas à l’économiste Isaah Mhlanga : « Taxer davantage les plus riches pourrait encourager leur émigration. De plus, ces fonds seraient surtout dédiés à la consommation. Or la plupart de nos biens sont importés. Cela ne créerait donc pas beaucoup d’emplois locaux. »

Reste également à convaincre le nouveau ministre des Finances, pour l’instant opposé à une telle dépense.

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