Afrique du Sud: une réforme pour gommer le sexe sur les documents d’identité

afrique du sud: une réforme pour gommer le sexe sur les documents d’identité 618730e51fcc5.jpeg
afrique du sud: une réforme pour gommer le sexe sur les documents d’identité 618730e51fcc5.jpeg

Publié le :

La question des droits des personnes transgenres et intersexes était au cœur du grand dialogue national qui s’est tenu jusqu’au vendredi 5 novembre en Afrique du Sud. Société civile et représentants du gouvernement ont échangé sur la reconnaissance des droits des personnes de ces communautés, dont l’identité ne correspond pas au genre assigné à la naissance ou qui se reconnaissent comme n’étant ni homme ni femme. Des droits garantis dans la Constitution mais qui sont, dans les faits, souvent bafoués.

Avec notre correspondante à Johannesbourg, Claire Bargelès

Pour les personnes sud-africaines intersexes, c’est-à-dire nées avec des caractéristiques sexuelles qui ne correspondent pas aux normes masculines ou féminines, il est impossible avec le système actuel d’obtenir une identité qui leur corresponde.

C’est le cas de Dimakatso. « Je vais être honnête avec vous : je n’ai pas de carte d’identité pour l’instant. Car le système ment à propos de qui je suis. Mes documents disent ” femme “, mais je ne suis pas une ” femme “. Je suis notée comme ” femme ” car c’était le choix de mes parents. J’aimerais qu’un jour, si je perds ma carte d’identité et que quelqu’un la retrouve, qu’il sache qu’il cherche une personne intersexe. Tandis que pour l’instant, si on regarde ma carte, ça ne correspond pas à la réalité. C’est vraiment un sentiment très désagréable. »

Le gouvernement sud-africain travaille donc sur une modernisation des documents d’identité afin de faire disparaître la mention du sexe, ou bien introduire un genre neutre, en plus des traditionnelles cases « homme » ou « femme ». Une telle réforme serait une première sur le continent, et selon Liberty Matthyse, directrice de l’organisation Gender DynamiX, un pas dans la bonne direction : 

« C’est une première étape, une étape clé, afin de créer un profond changement. Mais il y a cette déconnexion entre ce qui est dit dans la loi et ce à quoi on est confronté au quotidien. Donc au-delà des réformes, il faut aussi mettre en place des programmes, pour qu’on soit mieux reconnu au sein de la société, et qu’il y ait un sentiment d’appartenance au sein des communautés et au sein des familles. »

Le ministère de l’Intérieur devrait présenter sa réforme d’ici mars prochain. Ailleurs dans le monde, ce sujet anime aussi les débats. Ainsi, mercredi 27 octobre, les États-Unis ont délivré pour la première fois un passeport avec l’annotation « X » à la place du sexe.

Total
11
Shares
Related Posts
%d blogueurs aiment cette page :