Au Maghreb, « des mobilisations nationalistes pour la reconquête d’une souveraineté perdue »

Une foule d'Algériens manifeste sa joie le 3 juillet 1962 à Alger. Le pays a proclamé son indépendance après la signature des accords d'Evian le 18 mars 1962 et leur ratification par référendum en France le 8 avril 1962 puis en Algérie le 1er juillet 1962.

Décryptage. Entre 1945 et 1965, la décolonisation constitue un événement majeur sur la scène internationale car de nombreux Etats accèdent alors à leur indépendance. Dans les trois principaux pays d’Afrique du Nord, l’Algérie, le Maroc et la Tunisie, la situation est comparable au niveau de l’ampleur des mobilisations nationalistes pour la reconquête d’une souveraineté perdue au temps colonial ; mais elle diffère par le type d’installation des systèmes étatiques après les indépendances.

Au Maroc, les mouvements nationalistes, qui étaient divisés, fusionnent et lancent le 11 janvier 1944 un document intitulé Manifeste du Parti de l’istiqlal (« indépendance »), qui demande « l’indépendance du Maroc dans son intégralité territoriale sous l’égide de Sa Majesté Sidi Mohammed ben Youssef ». Les idées d’indépendance progressent dans tous les centres économiques, et surtout à Casablanca. Le Parti de l’istiqlal attire de nombreux nouveaux adhérents.

Episode 1 « Il n’y a pas d’échec des indépendances : elles sont une victoire des colonisés sur les colonisateurs »

L’assassinat du leader syndical tunisien Farhat Hached provoque, le 7 décembre 1952, une grève générale au Maroc. Des centaines de militants du Parti de l’istiqlal et des communistes marocains sont arrêtés. L’état de siège est proclamé, qui supprime la liberté de presse et d’association. Des émeutes éclatent le 16 août 1953 à Marrakech, Casablanca, Oujda. Le sultan, déposé le 19 août 1953 par les autorités françaises, abdique le 20 août.

En août 1955, à l’occasion de l’anniversaire de cette déposition, plusieurs dizaines de Français sont assassinés. Le résident général Gilbert Grandval donne sa démission. En Algérie, la guerre d’indépendance bat son plein avec l’insurrection du Nord-Constantinois, dont l’un des motifs est de protester contre la déposition du sultan du Maroc.

Lutte armée des fellagas

Ce dernier, dorénavant appelé Mohammed V, quitte Paris pour Rabat le 16 novembre 1955. Il est reçu avec enthousiasme par une foule immense. Le 2 mars 1956, une déclaration du gouvernement français « confirme solennellement la reconnaissance de l’indépendance du Maroc, laquelle implique en particulier une diplomatie et une armée ».

En Tunisie, Habib Bourguiba, le principal leader du parti nationaliste tunisien, le Néo-Destour, quitte clandestinement le territoire tunisien le 26 mars 1945 en direction de l’Egypte, où vient de se constituer la Ligue des Etats arabes. En janvier 1946, l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) est fondée, dirigée par Farhat Hached. Cette organisation syndicale jouera un rôle considérable et comptera jusqu’à 100 000 adhérents.

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