Au Malawi, le chef de l’opposition serait en tête de l’élection présidentielle

Le leader de l’opposition malawite Lazarus Chakwera en campagne dans la capitale Lilongwe, le 23 juin 2020.

Le chef de l’opposition au Malawi Lazarus Chakwera s’acheminait vers une victoire dans le scrutin présidentiel rejoué mardi 23 juin, après l’annulation pour fraudes de l’élection de 2019, selon des chiffres de la radio publique déjà rejetés par le camp du chef de l’Etat sortant.

Le comptage de la radiotélévision publique (MBC) portant sur l’ensemble des 5 002 centres de vote attribuait à M. Chakwera 60 % des suffrages, contre 38 % seulement à son adversaire Peter Mutharika.

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L’Institut pour l’opinion publique et la recherche (IPOR), un centre de réflexion basé au Malawi, donnait lui aussi gagnant le chef de l’opposition, avec 60,3 % des voix, contre 38,9 % au président sortant.

Mais la Commission électorale (MEC) n’avait jeudi soir validé les résultats que de 338 des 5 002 centres de vote. Son nouveau président, Chifudo Kachale, a expliqué que la MEC vérifiait les procès-verbaux de chaque bureau de vote. « Nous devrions conclure la tâche qui nous incombe dans les 36 à 48 heures », a-t-il déclaré jeudi soir, assurant que la commission, au cœur de la controverse lors du scrutin de 2019, faisait son travail « aussi minutieusement que possible ».

« Les temps ont changé »

Les Malawites ont voté mardi pour la deuxième fois en un an pour élire leur président. Lors du scrutin disputé en mai 2019, la MEC avait proclamé la victoire de Peter Mutharika, au pouvoir depuis 2014, avec 38,57 % des suffrages contre 35,41 % à Lazarus Chakwera. Mais saisie par l’opposition, la Cour constitutionnelle avait invalidé les résultats pour cause « d’irrégularités généralisées et systématiques » et ordonné la tenue d’un nouveau scrutin.

Le Malawi n’est que le deuxième pays d’Afrique subsaharienne à avoir annulé une élection présidentielle, après le Kenya en 2017. Le camp du président sortant a rejeté jeudi les premiers résultats non officiels.

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« Si le docteur Chakwera avait gagné les élections de manière équitable, je l’aurais félicité. Mais, malheureusement, ce n’est pas le cas », a réagi Atupele Muluzi, candidat à la vice-présidence sur le ticket de Peter Mutharika. « Les résultats des élections qui circulent ne sont pas légitimes et je ne les accepterai pas », a-t-il prévenu sur sa page Facebook.

L’ancienne présidente du Malawi Joyce Banda (2012-2014), qui soutient la candidature de Lazarus Chakwera, s’est dite « désolée pour ceux qui ne se rendent pas compte que les temps ont changé ». « En ignorant la voix des gens ordinaires, ils le font à leur propre péril », a-t-elle ajouté dans une déclaration à l’AFP.

Lazarus Chakwera déjà félicité

Plusieurs opposants des pays voisins du Malawi, comme Mmusi Maimane en Afrique du Sud et Nelson Chamisa au Zimbabwe, ont déjà félicité, sur les réseaux sociaux, Lazarus Chakwera pour sa victoire.

Des ONG locales qui avaient dépêché des observateurs dans tout le pays ont estimé jeudi que « le processus électoral s’était bien passé jusqu’à présent ». Elles ont salué le travail de la MEC pour sa « transparence dans le décompte des voix, la compilation et l’affichage des résultats dans les endroits appropriés pour que le public les voit ». Cela permet de « réduire les inquiétudes de fraudes », ont-elles insisté, soulignant que les résultats jusque-là disponibles n’étaient « pas officiels et devaient être pris avec précaution ».

Selon les nouvelles règles en vigueur cette année, il faut désormais la majorité absolue des voix pour être élu au premier tour de la présidentielle. Dans le cas contraire, un second tour opposera les deux candidats arrivés en tête.

Le Monde avec AFP

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