Au Mali, le président cherche un compromis pour apaiser les tensions politiques

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta à Nouakchott, lors du sommet du G5 Sahel, le 30 juin 2020.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keita a indiqué mardi 7 juillet qu’il pourrait nommer au Sénat des candidats malheureux qui briguaient un siège de député aux récentes élections du mois de mars, pour tenter de restaurer la stabilité après plusieurs semaines de contestation.

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Deux rassemblements d’ampleur ont été organisés en juin par une opposition galvanisée dans un contexte d’hostilité grandissante envers le président. Plusieurs milliers de personnes ont notamment défilé dans les rues de la capitale Bamako, manifestant leurs frustrations face à la lenteur des réformes politiques, au sentiment d’une corruption étendue et à la violence quotidienne.

Ce pays d’Afrique de l’Ouest de 18 millions d’habitants peine à contenir l’insurrection djihadiste apparue en 2012, qui a causé la mort de milliers de personnes et contraint des centaines de milliers d’habitants à fuir leurs foyers.

« Candidats spoliés »

Ces récentes manifestations ont emboîté le pas de rassemblements antigouvernementaux en mai, à la suite des élections législatives. La Cour constitutionnelle, en publiant les résultats définitifs en avril, a annulé la victoire d’une trentaine de candidats à la députation qui avaient été déclarés élus lors des résultats provisoires proclamés par le ministère de l’administration territoriale. Un partisan du président malien, qui a été élu grâce à cette décision de la Cour, est devenu par la suite président du Parlement.

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Le chef de l’Etat a rencontré mardi un collectif de candidats ayant perdu le siège qu’ils pensaient avoir conquis en mars pour tenter d’apaiser la situation. D’après plusieurs participants et des responsables de la présidence, il a suggéré d’en nommer certains au Sénat.

Mais ces candidats déçus ont affirmé à l’AFP qu’ils n’étaient pas intéressés par un siège de sénateur. « Nous sommes les candidats spoliés. Nous ne voulons rien d’autre que nos sièges de députés pour aller représenter à l’Assemblée nos populations », a déclaré Ibrahim Kébé, l’un de ces candidats malheureux. « Nous sommes les véritables députés élus. Nous avons dit au président que le Sénat ne nous intéresse pas. Nous voulons retrouver nos sièges de députés », a renchéri l’ancien candidat Adama Diarra, qui a assisté à la rencontre.

Le Monde avec AFP

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