Au Tchad, des initiatives pour lutter contre le changement climatique

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                Le pays se lance à la conquête de l'économie verte. Cet État du Sahel est l’un des plus vulnérables face au changement climatique, selon différentes ONG. L'un des indicateurs les plus criants du pays est le lac Tchad : il a perdu près de 90% de sa surface sous l’effet conjugué des sécheresses et d’une augmentation des prélèvements d’eau pour l’irrigation. Devant ce constat, les initiatives se multiplient.                </p><div readability="96.088511670203">

                <p><em>De notre correspondante à N'Djaména, </em><strong>Aurélie Bazarra-Kibangula</strong>

De plus en plus de jeunes entrepreneurs se lancent dans la fabrication et la promotion de matériaux pour l’éco-construction et le développement des énergies renouvelables. Dans sa boutique, Solange Roba Mayama s’agite. Elle dépoussière et installe des fours solaires. « Voilà le four double, indique Solange. On l’ouvre, et maintenant on l’oriente face au soleil. Et la température du four monte progressivement jusqu’à 150 degrés quand c’est vide. On peut maintenant mélanger sa nourriture. »

Mais il est difficile de convaincre de potentiels clients. Solange vend à peine une centaine de fours solaires chaque année. « Nous avons abondamment du soleil, avec le four solaire nous pouvons économiser de l’argent et de l’énergie dans le bois et dans le charbon. Ça demande seulement la prise de conscience », affirme Solange.

Pour changer les mentalités, des campagnes de sensibilisation sont organisées par les associations. Car au Tchad, « il y a urgence, selon William Kaldé, coordinateur de l’ONG Acra. Le désert est déjà à nos portes. Il faut que les mentalités changent sinon nous courons à la catastrophe. C’est un peu dur pour le moment parce que les gens ne comprennent pas qu’à ceux qui ont l’habitude d’utiliser du charbon, on puisse interdire de l’utiliser. Qu’à ceux qui ont l’habitude de couper le bois, on puisse dire de ne plus utiliser le bois. »

Ousmane Abakar, lui, est convaincu qu’il faut agir. Cet ingénieur agronome s’est lancé dans la fabrication d’engrais naturels. « C’est 100% bio, affirme-t-il. Là, nous avons la “lutte chasse phacochère et hippopotame”, nous avons “chasse éléphant”, nous avons “chasse serpent”… »

Cette idée de répulsif lui est venue il y a deux ans lorsqu’il se rend dans le sud du pays. Pour lui, c’est le choc. « Allez voir en Logone occidentale, il n’y a que du sable, explique Ousmane Abakar. Qu’est-ce qui a fait tout ça ? Ce sont les intrants chimiques qui ont tout détruit. Alors qu’il n’y a pas de sable à Doba. Quand vous voyez la Logone occidentale, c’est l’un des sols les plus fertiles. Il y a des montagnes, il y a tout ça. C’est une richesse pour le sol. On ne doit pas utiliser les intrants chimiques. »

Sa production d’engrais est artisanale. Au Tchad, c’est le tout début d’une économie verte. Il n’existe aucun chiffre. Mais le secteur est porteur pour Adam Medela, secrétaire général de l’association des entrepreneurs verts, Betanadja.

« Aujourd’hui, on voit de plus en plus de sociétés qui se spécialisent dans l’éco-construction ou dans le solaire parce que l’État a aussi pris des mesures pour accompagner les porteurs de projets dans l’énergie renouvelable en mettant en place un certain nombre de dispositifs comme baisser les impôts, exonérer d’une certaine partie des taxes ou faciliter l’importation », explique Adam Medela.

Selon l’association, 450 entreprises vertes se sont créées depuis deux ans.

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