Au Tchad, le président Idriss Déby Itno remanie son gouvernement

Le président tchadien, Idriss Déby Itno, à Nouakchott, lors du sommet du G5 Sahel, mardi 30 juin 2020.

A neuf mois de la présidentielle, le chef de l’Etat tchadien, Idriss Déby Itno, a procédé à un remaniement important de son gouvernement, avec l’entrée de quatorze nouveaux ministres et six secrétaires d’Etat, a annoncé, mardi 14 juillet, la télévision d’Etat.

Le ministère des affaires étrangères est confié à Amine Abba Sidick, actuel ambassadeur du Tchad en France. Il remplace Chérif Mahamat Zene, qui devient ministre de la communication porte-parole du gouvernement. Un nouveau portefeuille de la sécurité et de l’immigration est créé et revient à Mahamat Tahir Orozi, précédemment ministre de l’aviation civile. Les autres principaux ministères-clés, eux, n’ont pas changé de mains : la défense, les finances et le budget, l’économie, la justice, l’administration du territoire.

Le poste de premier ministre avait été supprimé en mai 2018 et M. Déby, qui dirige le pays d’une main de fer depuis un coup d’Etat il y a plus de trente ans, accapare tous les pouvoirs de chef de l’exécutif.

Lire aussi Au Tchad, « la survie politique d’Idriss Déby dépend de plus en plus de ses alliés du Golfe »

De nouveaux jeunes et des femmes

Son nouveau gouvernement, qui compte 35 membres (contre 31 précédemment), a accueilli mardi plusieurs jeunes, des femmes et un peu plus de représentants de petits mouvements alliés à son parti, le Mouvement patriotique du salut, qui domine largement le Parlement.

« A neuf mois de l’élection présidentielle du 11 avril 2021, le président Déby a fait appel à certains alliés, aux jeunes et aux femmes. C’est certainement pour battre campagne », estime le politologue Ngartabe Djimadoum, enseignant et chercheur à l’université de N’Djamena.

Le chef de l’Etat, réélu en 2016 et que l’Assemblée nationale vient de promouvoir du grade de général au rang de maréchal, n’a pas annoncé officiellement s’il briguerait un nouveau mandat, mais cela ne fait aucun doute dans l’esprit des ses opposants et des observateurs politiques. Le scrutin présidentiel se tiendra finalement avant les élections législatives, reportées 5 fois depuis 2015, et que le chef de l’Etat a enfin fixées, il y a deux semaines, au 24 octobre 2021.

Outre les coups de boutoirs meurtriers des djihadistes de Boko Haram et de la branche locale de l’organisation Etat islamique dans l’Ouest, le Tchad doit faire face, dans le Nord frontalier avec la Libye, à de multiples mouvements rebelles, dans une région, le Tibesti, véritable zone de non-droit livrée aux orpailleurs illégaux et aux gangs de trafiquants. Et dans l’Est, de sanglants combats intercommunautaires opposent régulièrement cultivateurs sédentaires et éleveurs nomades.

Lire aussi Tchad : face aux djihadistes, les coups de colère, de com’ et de bluff du président Idriss Déby

Le Monde avec AFP

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