Bassin du Congo: la forêt, entre le marteau du réchauffement et l’enclume du développement

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                Le septième rapport sur les forêts du bassin du Congo, publié le 7 juillet par 150 chercheurs et experts, sept ans après le précédent, a pour objectif de donner des clés aux dirigeants pour mieux prendre en compte cette flore si riche et si vitale, tant pour l'environnement que pour le développement économique de l'Afrique centrale.                </p><div readability="66.398765030874">

                <p>Premier enseignement : les forêts du bassin du Congo vont bien. Du moins pour l'instant. Sur les 200 millions d'hectares de forêts d'Afrique centrale, de vastes zones isolées ne semblent pas encore affectées par l'activité humaine.

Mais les chercheurs notent que les pressions s’accentuent. Agriculture, construction de routes, de mines, exploitation du bois… La croissance de la population et le développement économique pèsent de plus en plus sur les forêts. En vingt ans, 18 millions d’hectares ont déjà disparu.

Conséquences : l’émergence de zoonoses, des maladies infectieuses transmises à l’homme par les animaux. Les forêts tropicales recèlent une grande diversité de virus et bactéries encore inconnus. En allant toujours plus loin dans la forêt, en empiétant sur le territoire de la faune sauvage, les populations peuvent se retrouver au contact de ces microbes. Le rapport préconise donc d’améliorer les systèmes de santé et de prévention. Mais aussi de limiter l’impact humain sur ces écosystèmes complexes.

La gestion durable de ces forêts est d’ailleurs une nécessité aussi pour préserver leur capacité à limiter le changement climatique. Car même si elles sont moins étendues que celles de l’Amazonie, les chercheurs expliquent qu’avec des arbres plus gros et plus grands, les forêts du bassin du Congo absorbent désormais plus de carbone que les forêts amazoniennes.

Mais lutter contre la déforestation et les préserver à tout prix n’est pas forcément réaliste, même si leur importance pour le climat est mieux prise en compte à l’international. Guillaume Lescuyer, chercheur au Cirad, le Centre de coopération internationale français en recherche agronomique, est l’un des co-auteur et éditeur de ce rapport et revient sur les défis posés.


Le principal argument utilisé à la fois par les bailleurs internationaux et par les pays bénéficiaires, c’est celui du carbone : limiter la déforestation pour éviter que du carbone soit relâché dans l’atmosphère […] Les principales déclarations de financement des bailleurs internationaux se font à la COP sur le changement climatique, celle de Glasgow en l’occurrence où 1,5 milliard a été engagé par les bailleurs à titre de la lutte contre le changement climatique et donc de la séquestration du carbone […] Ce n’est pas encore efficace en terme de moyens disponibles et résultats atteints (car) les taux de déforestation ont plutôt tendance à augmenter depuis dix-quinze ans dans la sous-région […] Il y a une déconnexion entre la volonté de limiter la déforestation et les politiques de développement des pays qui s’appuient notamment sur l’agriculture, l’agro-industrie, l’exploitation industrielle des arbres.

► Lire : le rapport 2021 sur l’État des Forêts d’Afrique centrale

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