Burkina Faso: des dizaines d’habitants de Madjoari tués par des hommes non identifiés

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                L'attaque, perpétrée mercredi 25 mai, a visé principalement les hommes. Le gouverneur de la région indique qu’une cinquantaine de personnes ont été tuées par des hommes armées non identifiés alors qu'elles fuyaient la commune de Madjoari, dans l'Est.                </p><div readability="104.06680045872">

                <p><em>Avec notre correspondant à Ouagadougou,</em> <strong>Yaya Boudani</strong>

L’annonce en a été faite jeudi par un communiqué du gouverneur de l’Est : une cinquantaine de civils ont péri mercredi à Madjoari, dans une attaque de « jihadistes présumés ». La ville était, comme Djibo et Titao, soumise à un blocus des jihadistes. Et les habitants, privés de ravitaillement depuis une semaine, tentaient de fuir, expliquent des témoins à l’AFP.

Les victimes avaient décidé de rejoindre Nadiagou, dans la commune de Pama, face aux menaces des groupes armées. Mais dans leur fuite, elles sont tombées sur des individus armés non identifiés dans la forêt au niveau du pont de Singou, explique un rescapé. « Ce n’était pas une attaque. Nos parents qui avaient décidé de partir de leur villages ont été interceptés et exécutés », explique un habitant qui avait pu partir quelques semaines plus tôt.

Les personnes âgées ont été libérées, les autres ont été interrogées. Selon le récit du rescapé, les hommes armés ont commencé à abattre ceux qui ne répondaient aux questions. 

Plusieurs sources, dont le colonel Hubert Yameogo, gouverneur de la région de l’Est, font état d’une cinquantaine de morts. Tous des hommes. « Tous les hommes qui partent de Madjoari pour Nadiagou sont systématiquement arrêtés, mais les femmes ne sont pas inquiétées », indique un habitant. Il est très difficile de savoir le nombre total de personnes interceptées, rapporte une source locale. Environ 900 personnes vivaient encore à Madjoari malgré la recrudescence des attaques.

Ce massacre fait suite à plusieurs attaques contre les populations et les forces armées. Le 14 mai, 17 civils avaient été tués par des hommes armés. Cinq jours plus tard, le détachement militaire de Madjoari avait été la cible d’une attaque, faisant 11 morts et plusieurs blessés. C’est la tuerie la plus sanglante depuis celle de Solhan, plus au nord, dans la province du Sahel, au début du mois de juin de l’année dernière, qui avait officiellement fait 132 victimes.

Selon un témoin, les groupes armés auraient menacé de représailles les populations civiles pour venger leurs combattants tués durant l’attaque contre le détachement militaire de Madjoari le 19 mai dernier. « Des habitants ont affirmé que les combattants des groupes armés terroristes avaient tenu des rencontres dans les villages et avaient menacé de venger leurs 70 camarades tués durant l’assaut contre le détachement militaire », relate une source locale.  

« Nous n’avons plus de larmes pour pleurer. Nous avons tout perdu » regrette un habitant de la région. « Si l’État ne prend des mesures, le reste de  la population de Madjoari risque d’être massacrée sur les routes », s’inquiète un ancien élu local.

De son côté, le colonel Hubert Yameogo rassure que des actions de sécurisation sont en cours pour ramener la quiétude. Depuis le coup d’État qui a renversé Roch Marc Christian Kaboré et porté le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba au pouvoir en janvier dernier, on avait observé une certaine accalmie, mais les attaques avaient repris de plus belle depuis deux mois, faisant en tout 200 morts, civils et militaires. 

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