Burkina Faso: Eddie Komboïgo estime avoir la légitimité du CDP

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                Au Burkina Faso, le CDP -le parti de l'ex-président Blaise Compaoré, fondé il y a 25 ans-, a tenu son congrès le week-end dernier, à Ouagadougou. Cette rencontre a mis au jour des divisions profondes au sein du parti. Des divisions entre l'aile « historique » et l'aile « futuriste ». Cette dernière est incarnée par Eddie Komboïgo, qui a été réélu pour un mandat de quatre ans comme président du Congrès pour la démocratie et le progrès. Pourquoi le CDP est-il divisé ? Comment Eddie Komboïgo va-t-il le réunir ? Et quelle place Blaise Compaoré a-t-il au sein du parti ? En ligne de Ouagadougou, Eddie Komboïgo répond aux questions de Bineta Diagne.                </p><div readability="133.2907234798">

                <p><strong>RFI : Pourquoi avoir organisé un congrès le week-end dernier contre l’avis de Blaise Compaoré, l’autorité morale du parti</strong> <strong>?</strong>

Eddie Komboïgo :Nous n’avons pas tenu un congrès contre l’avis de Blaise Compaoré. Nous avons vu une lettre venant du président d’honneur demandant de reporter le congrès compte tenu de l’insécurité. Or, dans le même temps, le parti au pouvoir a convoqué son congrès, nous avons eu le Fespaco [Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou], nous avons eu une course cycliste, et nous sommes en train de le faire avant la fin du mois. Malheureusement, quelques camarades ont laissé le débarras à l’intérieur des organes et des instances du parti, on nous a assignés en justice. Ils ont eu gain de cause en instance, mais en appel, ils ont été déboutés. Et l’autorisation nous a été donnée de poursuivre le congrès et à la date des 18 et 19 a été arrêtée.

Lors de ce congrès, Blaise Compaoré a été nommé président d’honneur du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), mais vous lui avez retiré toutes ses attributions. Pourquoi ?

C’est d’un commun accord qu’en 2018, nous lui avons donné des attributions pour que, en cas de crise et en cas de problèmes, il nous aide à régler ces problèmes. Malheureusement, au lieu de régler les problèmes, nous avons reçu six lettres en un seul mois. Nous savons que ce n’est pas la manière de faire de l’homme. Et aujourd’hui, nous savons que le président d’honneur vit des situations assez difficiles, et nous avons eu le fort sentiment que des jeunes qui l’entourent usent abusivement de ces prérogatives pour nous envoyer des lettres que nous ne reconnaissons pas.

En lui retirant ses attributions, Blaise Compaoré n’a plus forcément le droit de citer au sein du CDP ?

Mais, si. Il est président d’honneur.

Mais il n’a pas forcément son mot à dire ?

Si. Il peut même m’appeler, je peux l’appeler, il peut me conseiller. Il peut conseiller également, toujours le CDP. Et puis, on avance.

Donc, vous continuez de discuter tous les deux ?

Je n’ai aucun problème avec le président Blaise Compaoré.

Comment comptez-vous ressouder le CDP ?

Nous avons tendu la main à ceux qui se sont trompés, qui ont laissé les organes et les instances du parti pour ester en justice. Mais, le congrès a estimé qu’ils sont allés très loin et a pris une décision de suspension de six mois, en leur disant, les portes sont toujours ouvertes. S’ils sont toujours d’accord, ils sont les bienvenus. Nous allons parler.

Est-ce que vous ne craigniez pas que leur suspension pour ces six mois ne remette en question la légitimité de votre réélection à la tête du parti ?

La légitimité, c’est le congrès qui la donne. J’ai été élu à l’unanimité des congressistes. Plus de mille personnes réunies dans une seule salle…

Donc, pour vous, il n’y a pas de division au sein du parti ?

…C’est ça qui donne et la légalité et la légitimité.

Concrètement aujourd’hui, qu’est-ce qui vous oppose à ces sept vice-présidents ? Qu’est-ce qui vous pose problème avec ces co militants ?

Je n’ai aucun problème avec ces sept vice-présidents que j’ai d’ailleurs nommés moi-même. Sauf que peut-être, ils ont pensé à un moment donné qu’ils pouvaient se liguer et chercher parmi eux un candidat qui soit à ma hauteur. Je ne l’ai pas trouvé, les congressistes non plus.

Lors de ce congrès, il a été décidé qu’une commission va être mise en place pour réfléchir à un changement de nom et de logo du parti. Est-ce que c’est une manière pour vous d’exclure finalement l’historique du CDP ?

Pas du tout. Nous avions dit qu’une commission technique serait mise en place pour faire une étude. Il s’agira de politologues, de sociologues et de psychologues pour voir si la dénomination convient toujours. Sinon voir ce qu’il faut ajouter au nom CDP ? Est-ce qu’il faut ajouter au logo quelques cigles pour que ces jeunes s’y retrouvent ou est-ce qu’il faut changer de nom ? C’est donc une étude qui peut prendre six mois à deux ans.

À lire aussi : Burkina Faso: au congrès du CDP, Eddie Komboïgo rempile, Compaoré président d’honneur 

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