Burkina Faso: un convoi militaire français bloqué à l’entrée de la ville de Kaya

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Depuis jeudi soir 18 novembre, les jeunes de la ville de Kaya, dans la région du Centre-Nord, manifestent pour demander le départ des troupes françaises du Burkina. Ils refusent de laisser passer un convoi militaire française qui doit rejoindre le Niger. Ces véhicules avaient déjà été bloqués à Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou.

Après plusieurs heures d’attente sur la route nationale 3 entre Ouagadougou et Kaya, le convoi de l’armée française a dû reculer pour s’installer sur une aire protégée à environ 5 km de la ville de Kaya. Les milliers de manifestants venus de toute la région du Centre-Nord n’entendent pas laisse progresser le convoi pour le Niger. 

Ce blocage fait suite à l’appel de COPA-BF – la Coalition des patriotes du Burkina Faso – qui dit lutter pour une indépendance réelle des pays africains. Après Bobo-Dioulasso et Ouagadougou, le convoi est encore à Kaya, à une centaine de kilomètres au nord de la capitale. « Le convoi s’est réfugié dans une ancienne carrière, explique Gaoussou Traoré, un membre de la Coalition des Patriotes du Burkina Faso. C’est un peu comme au zoo. La population est en train de regarder le convoi par le biais du grillage. »

Les manifestants soupçonnent les forces françaises de soutenir les groupes armés terroristes. Sayouba Ouédraogo, un habitant de la région du Centre-Nord, dit ne pas comprendre que le Burkina Faso soit attaqué de toute part sans que l’armée française n’intervienne, malgré les accords  qui lient les deux pays. « On ne sait pas ce qu’il y a dans les contenants : des motos, des munitions, des armes… Nous ne le savons pas. Nous voulons que l’armée française se replie. Nous ne les voulons plus sur notre sol. Qu’ils repartent avec leur matériel. Parce que quand ils passent, les attaques sont plus fréquentes. Donc, ça veut dire qu’ils sont en complicité avec ces terroristes qui, après avoir été ravitaillés, perpétuent encore les attaques. »

« C’est un combat patriotique et chaque région doit prendre ses responsabilités » fait savoir un manifestant qui se prépare à passer une autre nuit au clair de la lune pour empêcher le long convoi d’avancer, rapporte notre correspondant à Ouagadougou, Yaya Boudani.

Boukaré Ouédraogo, le maire de Kaya estime qu’aujourd’hui les manifestants qui bloquent le convoi français sont plusieurs milliers. Leurs rangs ont été gonflés par des jeunes venus des villes alentour, ainsi que les élèves des écoles de Kaya. « Les établissements scolaires sont vides », explique-t-il.

Inflexible…

Difficile pour les autorités administratives locales de négocier avec les manifestants. « C’est une foule cosmopolite venue de partout sans un porte-parole unique » confiait un habitant de Kaya. Jeudi soir et tôt ce vendredi matin, le gouverneur de la région Centre-Nord et le maire de la ville ont tenté de mettre en place une médiation, mais sans succès. La jeunesse de Kaya, qui s’est mobilisée spontanément, reste inflexible : il faut que les militaires français partent, hors de question qu’ils traversent la ville.

Cette mobilisation se déroule pacifiquement. La Garde républicaine est sur place. « Il faudrait quand même qu’un accord soit trouvé, pour que la vie reprenne » a confié un habitant de Kaya. Contacté par RFI, l’état-major français n’a pas donné suite à notre requête.

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