Burkina Faso: une foule célèbre les putschistes à Ouagadougou

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                Ce mardi toute la journée, les partisans de la nouvelle junte au pouvoir au Burkina Faso se sont rassemblés à Ouagadougou sur la place de la Nation, à l’appel notamment du mouvement « Sauvons le Burkina » pour célébrer le coup d'État.                </p><div readability="108.03682946357">

                <p><em>Avec notre envoyé spécial à Ouagadougou,</em>  <strong>Peter Sassou Dogbé</strong>

La place de la Nation était ce mardi le point de ralliement de tous ceux qui reprochaient quelque chose à l’ancien pouvoir incarné par l’ex-président, Roch Marc Christian Kaboré. Plusieurs responsables d’associations sont montés sur le podium pour haranguer la foule présente.

En milieu d’après-midi le mouvement « Sauvons le Burkina », organisateur du rassemblement et soutien des pustchistes, était en conférence de presse. Sa coordinatrice Anaïs Drabo se refuse de parler de coup d’État.

« On a tout braqué, on nous a suivis. Vous voulez qu’on fasse comment ? On va lutter pour nos enfants, affirme-t-elle. Ce qu’on ne nous dit pas, c’est quand les terroristes viennent, on décapite et on démembre les gens. Ça, la population ne le sait pas. Oui, je vous le dis, je suis dans la joie parce que je ne pense pas que ce qui s’est passé est un coup d’État. Je parle d’une libération. »

L’ambiance de fête a duré toute la journée. En début de soirée, ils sont rentrés dans le calme, pas un seul militaire dans la rue pendant que la junte annonce la réouverture des frontières aériennes.

À lire aussi : Coup d’État au Burkina Faso: confusion autour du sort du président renversé Kaboré

Les organisations de la société civile attendent les annonces

La société civile, habituellement très active, reste pour le moment dans l’attente des premières annonces des putschistes. Militants des droits de l’homme et des mouvements citoyens s’accordent pour expliquer qu’ils sont en phase « d’observation, d’écoute ». « Nous sommes légalistes mais il faut tenir compte de l’opinion », explique l’un des responsables de ces organisations, « la population n’est pas sortie pour dénoncer le putsch, il y a un désir de changer de visage ». « Nous attendons de voir les propositions des putschistes, on évite de les contacter directement », complète un autre activiste.

Le président du parti d’opposition Le Faso Autrement, Ablassé Ouedraogo, estime que le pays se trouvait dans une situation délicate, notamment sur le plan sécuritaire, tout en condamnant une prise de pouvoir par la force.
L’attentisme de la société civile s’explique aussi par le fait que nombre de ces leaders, en majorité sankariste, estiment avoir été dénigrés, combattus par le régime de Roch Marc Christian Kaboré. D’où cette volonté de repartir sur de nouvelles bases avec sans doute une nouvelle coalition d’organisations militantes.Si les rapports conflictuels entre l’armée et l’ex-président sont pointés du doigt pour expliquer la chute de ce dernier, la société civile estime que les acquis de l’insurrection n’ont pas été appliqués. « Sankara, Zongo, il y a eu des progrès au niveau de la justice », concède un défenseur des droits, « mais rien pour laisser la place à une nouvelle génération d’acteurs politiques, rien pour assainir la société », souligne-t-il. Tous ces leaders, qui souhaitent rester anonymes, rappellent que la vigilance est de mise, que la priorité, c’est un « retour à l’ordre constitutionnel », que l’ambition « c’est d’en finir avec les démons du passé », et de tout faire, explique un militant, « pour éviter un grand retour dans le passé ».

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