CAN 2022: Aristide Bancé, le grand frère des Étalons burkinabè

can 2022: aristide bancé, le grand frère des Étalons burkinabè 61f9dfcae12f8.jpeg
can 2022: aristide bancé, le grand frère des Étalons burkinabè 61f9dfcae12f8.jpeg

Publié le :

                À peine a-t-il raccroché les crampons qu’Aristide Bancé renouait avec la sélection du Burkina Faso. L’ancien attaquant, âgé de 37 ans, est le manager des Étalons. Avant la demi-finale de la CAN 2022 face au Sénégal, Aristide Bancé se confie à RFI sur cette nouvelle vie, son passage du terrain au banc de touche, ses rapports avec ses ex-coéquipiers, ses projets...                </p><div readability="128.33478655767">

                <p><em>De notre envoyé spécial à Yaoundé,</em>

Aristide, le Burkina Faso est en demi-finale de la CAN 2022 et va affronter le Sénégal ; comment te sens-tu avant ce match ?

Je suis très heureux. En tant que manager de la sélection, se retrouver en demi-finales avec presque une nouvelle génération… Je suis vraiment content. Quand on est arrivé ici au Cameroun, je crois que nous seuls croyons en ces « enfants ». Et les joueurs eux-mêmes ont cru en eux, en leurs capacités. Être en demi-finales aujourd’hui, ça fait plaisir. Il y a eu du changement avec les anciens qui ont arrêté la sélection, mais l’équipe actuelle réalise des performances assez incroyables. Je suis vraiment très fier de cette équipe.

Tu fais partie de ces anciens qui ont arrêté récemment. Mais tu es resté dans le foot puisqu’on te retrouve déjà au poste de manager de l’équipe nationale…

Prendre cette décision d’arrêter n’a pas été facile. J’avais encore la force. Je pouvais encore jouer, je pouvais même encore faire une dernière CAN. Mais il fallait prendre une décision. J’ai réfléchi et je me suis dit que c’était le moment. Quand tu joues et que tu n’es plus qu’à 95%, il vaut mieux arrêter. C’est comme ça que j’ai pris ma décision. Après, je me suis posé beaucoup de questions, dont celle sur ce que j’allais faire après le foot. Moi, c’est le sport, le football, je ne sais rien faire d’autre. C’est le métier que j’ai choisi. Après tout ce qu’on m’a enseigné dans ma carrière, c’est à moi de partager mon expérience avec les jeunes joueurs. C’est comme ça que j’ai décidé de rester dans le football. On m’a proposé ce poste (de manager du Burkina Faso) et je ne l’ai pas refusé. J’ai accepté parce que c’est mon pays. Il n’y a rien de mieux que de servir mon pays. C’est pourquoi j’ai accepté.

« Je suis bien dans ma peau »

Et passer du terrain au bord du terrain, cela n’est pas un peu bizarre ?

Au départ, ce n’était pas facile. C’est un peu difficile quand tu arrêtes. Tu vas au stade et tu regardes tes amis en train de jouer… Mais à toute chose, il y a une fin. Quand je jouais, je savais qu’une carrière de joueur peut s’arrêter à tout moment. Ma carrière a été longue de presque 15 ans, ce n’est pas donné à n’importe qui. Quand je suis avec les jeunes ou quand je suis sur le banc au bord du terrain, je me sens sur le terrain. Face à une action, je me dis « si c’était moi »… C’est le football, mais petit à petit, j’ai su passer au-dessus de ça et me considérer comme un grand frère pour eux (les joueurs du Faso) pour les guider et les mettre sur la bonne voie. Tout footballeur regrette le terrain quand il arrête. C’est un choc mais au fur et à mesure, tout rentre dans l’ordre. Je suis bien dans ma peau, ça va !


Les Burkinabè laissent exploser leur joie après leur victoire aux tirs au but contre le Gabon (1-1, 7 TAB à 6), le 23 janvier en huitièmes de finale de la CAN 2022 à Limbé, au Cameroun.
Les Burkinabè laissent exploser leur joie après leur victoire aux tirs au but contre le Gabon (1-1, 7 TAB à 6), le 23 janvier en huitièmes de finale de la CAN 2022 à Limbé, au Cameroun. AP – Sunday Alamba

Dans cette équipe, il y a des joueurs avec lesquels tu évoluais quand tu étais sur le terrain. Comment sont tes rapports avec eux ?

Tout baigne ! C’est facile. J’ai joué avec Hervé Koffi, Steeve Yago, Bertrand Traoré, Issoufou Dayo, Cyrille Bayala, j’ai aussi joué avec certains de la jeune génération… Ils me connaissent, je connais tout le monde. Ils savent qui je suis. Pour moi et pour eux, c’est un plus. On échange beaucoup, on partage nos expériences. On se parle très facilement. On met l’ambiance ensemble comme si j’étais un joueur. Mais quand il faut être sérieux, quand il faut dire les vérités, je peux parler et tout le monde écoute. Quand on peut s’amuser, on le fait comme si on était des collègues. Ainsi, c’est facile pour les joueurs de se confier à moi, parce que nous sommes amis. Je ne suis pas un dirigeant avec lequel il y aurait une barrière, non. Je ne suis pas sur le terrain avec eux, mais juste à côté, en tant que grand frère.

« Kamou Malo est comme un papa pour moi »

Et quels sont tes rapports avec le sélectionneur Kamou Malo ? Vous avez réussi à trouver un équilibre ?

Ça se passe bien. Je ne suis pas dans l’encadrement des entraîneurs, je suis à côté. S’il veut mon avis, il n’y a pas de souci. C’est comme un papa pour moi. Je sais qui il est. Maintenant, c’est lui qui a le dernier mot. Mais la relation se passe à merveille.

Est-ce que cette expérience de manager peut te donner envie de devenir entraîneur plus tard, ou d’avoir d’autres fonctions dans la suite de ta carrière ?

J’aime le football. Et dans le football, souvent, il faut être patient et commencer tout doucement. C’est mon rêver d’être, un jour, sur le banc d’une équipe (en tant qu’entraîneur). Tout ça, c’est du travail. Mais je ne suis pas encore arrivé. Il faut encore passer les diplômes. Mais c’est une chose à laquelle je réfléchis. Je pense me lancer là-dedans. J’ai assez d’expérience. Il suffit d’y croire. Je pense que quand on aime, on peut. J’adore le football et j’ai envie de faire quelque chose de merveilleux dans le football. Je veux écrire ma propre histoire.

<a class="m-em-image" href="https://graphics.rfi.fr/can-2022-calendrier-resultats/">

    </a>


            </div>
Total
4
Shares
Related Posts
%d blogueurs aiment cette page :