Ce qu’il faut retenir du premier jour de l’Assemblée générale de l’ONU

ce qu’il faut retenir du premier jour de l’assemblée générale de l’onu 632a6b9bb2487.jpeg
ce qu’il faut retenir du premier jour de l’assemblée générale de l’onu 632a6b9bb2487.jpeg
                En ouverture de la 77e Assemblée générale de l’ONU, le secrétaire général de l'organisation, António Guterres, a mis en garde, ce mardi 20 septembre à New York, les dirigeants du monde entier contre un « <em>hiver de grogne</em> » et les divisions géopolitiques. Il a également plaidé pour renforcer la lutte contre le réchauffement climatique.                </p><div readability="233.54677523827">

                <p>« <em>La crise du pouvoir d'achat se déchaîne, la confiance s'effrite, les inégalités explosent, notre planète brûle</em> », et malgré tout, « <em>nous sommes bloqués par un dysfonctionnement mondial colossal</em> », a déclaré M. Guterres, au moment d'ouvrir l’<a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/onu/" target="_self" rel="noopener"><strong>Assemblée générale des Nations unies ce mardi.  </strong></a>

Ce constat ténébreux dressé par le chef onusien menace « l’avenir même de l’humanité et le destin de la planète », a-t-il estimé, avant d’ajouter : « Ne nous berçons pas d’illusions. Nous sommes dans une mer agitée. Un hiver de grogne mondiale se profile à l’horizon. » 

Conflit en Ukraine

Et sans surprise, c’est notamment la guerre en Ukraine qui a pris une place prépondérante dans la mise en garde du secrétaire général. « La guerre a déclenché une destruction et une violation massive des droits humains et du droit humanitaire international. Des milliers de civils sont morts, des millions de personnes sont déplacées et des milliards d’autres sont impactées », a-t-il dénoncé, rapporte notre envoyé spécial à New York, Christophe Paget. 

Dans un monde qui fonctionne en logiques de blocs, António Guterres affirme que ce sont ces divisions géopolitiques qui amèneront la planète à sa perte, avertissant surtout la fracture entre les pays de l’Ouest et du Sud.

Une partie de la planète continue d’avoir les yeux rivés sur l’invasion russe de l’Ukraine. Nous voyons surgir la menace d’une division dangereuse entre l’Ouest et le Sud. Les risques pour la paix et la sécurité mondiales sont immenses.

Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU

Le secrétaire général a été suivi quelques heures plus tard par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui a appelé lors de son discours à une sortie « digne » pour toutes les parties à la guerre en Ukraine. « Nous continuerons d’intensifier nos efforts pour mettre fin à la guerre (…) sur la base de l’intégrité territoriale et de l’indépendance de l’Ukraine », a-t-il ajouté alors que les administrations russes de plusieurs régions ont annoncé ce mardi des référendums d’annexion par la Russie cette semaine. 

À lire aussi: Assemblée générale de l’ONU: Vladimir Poutine, le grand absent

Le président turc a dit aussi espérer que « la guerre ne puisse l’emporter » et qu’un « processus de paix équitable triomphe », en rappelant que par deux fois depuis le début de la guerre, le 24 février, la Turquie avait réussi à réunir les représentants de la Russie et de l’Ukraine à Antalya, dans le sud du pays, et à Istanbul.

À propos de l’accord sur les céréales conclut à Istanbul sous l’égide de l’ONU, il a estimé que c’était « une des plus grandes réalisations de la décennie écoulée » de l’organisation onusienne et qu’il a « démontré que les négociations pouvaient porter leurs fruits », espérant pouvoir atteindre le même objectif concernant la situation autour de la centrale nucléaire de Zaporijjia.

Le président français Emmanuel Macron a accusé mardi, à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, la Russie d’avoir provoqué un « retour à l’âge des impérialismes et des colonies» en Europe en ayant envahi l’Ukraine fin février. « La France le refuse et recherchera obstinément la paix », a martelé le président français ajoutant que « la Russie ne saurait imposer sa volonté par des moyens militaires ».

<div class="m-em-image">

Le président français Emmanuel Macron, lors de la première journée de l'Assemblée générale des Nations unies, le 20 septembre 2022.
Le président français Emmanuel Macron, lors de la première journée de l’Assemblée générale des Nations unies, le 20 septembre 2022. REUTERS – BRENDAN MCDERMID
    </div>« <em>Ceux qui se taisent aujourd'hui servent malgré eux, ou secrètement avec une certaine complicité, la cause d'un nouvel impérialisme, d'un cynisme contemporain qui désagrège notre ordre international sans lequel la paix n'est possible</em> », a encore déploré <a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/emmanuel-macron/" target="_self" rel="noopener"><strong>Emmanuel Macron.</strong></a> </p><h2>Lutte contre le réchauffement climatique</h2><p>Les pays du Sud s’agacent notamment de subir, en première ligne, les impacts dévastateurs d’un réchauffement climatique dont ils ne sont pas responsables. Ils s’impatientent donc de voir enfin les pays riches remplir leurs promesses d’aide financière.  

Pour cela, M. Guterres a plaidé pour une taxe sur les bénéfices du secteur des énergies fossiles. Selon lui, les grandes entreprises productrices d’énergies fossiles « se régalent » de profits gonflés par la guerre en Ukraine. Il veut donc que les pays riches redirigent en partie ces sommes vers les pays qui subissent de plein fouet le réchauffement climatique.

« La crise climatique doit être la première priorité de chaque gouvernement ou organisation multilatérale. L’action climatique est mise en veilleuse malgré le soutien écrasant du public dans le monde entier. Nous avons rendez-vous avec un désastre climatique. Les étés les plus chauds d’aujourd’hui pourraient être les plus frais de demain. Les chocs climatiques exceptionnels pourraient bientôt revenir chaque année. »  

Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU

Le patron de l’ONU tente toujours de croire à la possibilité de coopération pour une action globale efficace. Il a proposé aussi de nouveaux outils aux dirigeants, tel ce nouvel objectif de développement durable, l’ODJ Stimulus, qui se concentre sur 4 aspects des finances des pays en développement, rapporte notre correspondante à New York, Carrie Nooten. Une possible solution pour résoudre les problèmes à la racine.

« Notre premier combat est l’éradication du charbon », a, de son côté, estimé Emmanuel Macron . « La Chine et les grands pays émergents doivent prendre une décision claire », explique-t-il, exigeant que le G7 montre l’exemple, en terme de sobriété notamment. À l’attention des pays pauvres, M. Macron a admis la responsabilité accrue des pays riches et déclaré qu’il n’était pas possible de demander les mêmes efforts « à l’Afrique subsaharienne et aux grands émetteurs (de carbone) ».

► À lire aussi: COP27: la question du financement au cœur des discussions

Le président du Brésil, Jair Bolsonaro, s’est ensuite exprimé. Après avoir vanté son bilan, à deux semaines des élections pour lesquelles il est distancé par l’ancien chef de l’État Lula dans les intentions de vote, il a mis en avant son pays comme étant « une référence dans le monde entier », et ce dans le contexte de la menace globale engendrée par la guerre en Ukraine.

« Le programme de développement durable est mis à rude épreuve par les menaces qui planent sur la sécurité internationale », a-t-il déclaré.

Fracture Nord-Sud

Du côté des pays africains, c’est sur le dossier de la lutte contre le terrorisme que les dirigeants dénoncent un « deux poids, deux mesures ». S’exprimant à son tour, le président du Sénégal et de la Cédéao a interpellé le Conseil de l’ONU « afin qu’il traite de la même manière toutes les menaces à la paix et à la sécurité internationale, y compris en Afrique ».

« Le terrorisme qui gagne du terrain sur le continent n’est pas qu’une affaire africaine. C’est une menace globale qui relève de la responsabilité première du Conseil », a-t-il déclaré, appelant l’ONU à mieux s’engager dans la lutte contre le terrorisme « avec des mandats plus adaptés et des moyens plus conséquents ».

Pour tenter de répondre aux inquiétudes de certains pays, Américains et Européens organisent mardi une réunion ministérielle sur la sécurité alimentaire, conséquence de la guerre en Ukraine dont souffre toute la planète. Et le président français Emmanuel Macron organisera un dîner sur ce thème avec plusieurs autres dirigeants.

Réforme du Conseil de sécurité

Lors de cette première journée de discours, plusieurs voix se sont fait entendre pour une réforme du Conseil de sécurité de l’organisation onusienne. C’est d’abord le président Erdogan qui l’a évoqué : « Après 25 ans de débats, il est évident qu’il faut se tourner vers des solutions novatrices pour une réforme du Conseil de sécurité », a-t-il dit.


Le président turc Recep Teyyip Erdogan, lors de la première journée de l'Assemblée générale, le 20 septembre 2022.
Le président turc Recep Teyyip Erdogan, lors de la première journée de l’Assemblée générale, le 20 septembre 2022. REUTERS – BRENDAN MCDERMID

« Je souhaite que nous engagions enfin la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU », a également déclaré Emmanuel Macron. Le président français a estimé que ce conseil devait être plus représentatif. Il souhaite également limiter le recours au droit de veto en « cas de crime de masse ». Une déclaration qui fait suite à de nombreuses utilisations du droit de véto de la Russie lors du vote de résolution concernant la guerre en Ukraine.

Le président américain Joe Biden, qui s’exprimera exceptionnellement seulement mercredi, souhaite également pousser les discussions dans ce sens. Il « va parler sérieusement de la question d’une réforme du Conseil de sécurité à New York », a dit Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, lors d’un point presse.

Cette question de réformer le Conseil de sécurité ressurgit à chaque crise internationale, lorsque l’un des cinq membres permanents (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni et France) utilise son droit de veto pour bloquer l’une ou l’autre résolution.

Querelles géopolitiques

L’Assemblée générale de l’ONU est aussi l’occasion pour les chefs d’État de bénéficier d’une tribune libre devant les dirigeants du monde entier.

Ainsi, le président turc a profité de son temps de parole pour adresser un message à la Grèce, avec laquelle les relations ne cessent de se tendre. Un discours qui fait suite aux déclarations de ces dernières semaines, dans lesquelles le président turc a remis en cause la souveraineté d’Athènes sur certaines îles de la mer Égée, tout en l’accusant de violer l’espace aérien turc et de « harceler » ses avions. 

Sur la question de Chypre, le chef de l’État turc a plaidé pour « un règlement durable et juste ». Sur cette île, « il y a deux États et deux nations différentes. C’est la clé d’un règlement de la question chypriote de reconnaitre que les Chypriotes turcs ont des droits égaux souverains et que leur statut international doit être accepté », a-t-il déclaré, réclamant à la communauté internationale « d’arrêter de leur imposer des sanctions, et de mettre de côté tout type d’embargo, de mettre fin à cette tyrannie ».

►À lire aussi : L’agenda africain lors de la 77e Assemblée générale des Nations unies

            </div>
Total
4
Shares
Related Posts
%d blogueurs aiment cette page :