Comores: la modernisation du système douanier ne fait pas que des heureux

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Les douanes comoriennes se sont modernisées à travers notamment la mise en place d’un nouveau système informatique. Certains opérateurs économiques ont l’impression que cette modernisation entraîne une augmentation des taxes. Il arrive même que ne pouvant s’en acquitter, les importateurs soient contraints d’abandonner leurs marchandises au port. 

Les recettes douanières aux Comores représentent 42 % des recettes budgétaires du pays. Mais contrairement à l’idée reçue depuis la mise en place d’un guichet unique via un logiciel utilisé à l’international, les taxes n’ont pas augmenté, précise Chaabani Ibrahima, le directeur régional des douanes de Grande Comore. « En réalité, il n’y a pas eu de modifications tarifaires depuis quelques années. La douane ne fixe pas, n’a même pas le droit d’augmenter les frais de dédouanement. La douane ne fait qu’appliquer : c’est la loi des finances qui fixe ces tarifs-là, explique-t-il. La modernisation à la douane consiste à l’innovation des outils de travail. On peut citer entre autres le scanner à container qui est un outil moderne qui permet d’améliorer le niveau d’inspection. »

Les nouvelles normes imposées ont fait disparaître près de 90 % des transitaires. Pour Ahmed Soilihi, l’un des transitaires de la place, avec moins de concurrence et plus de légitimité, cette modernisation est plutôt une réussite. « Nous au départ, ces changements-là, on les a accueillis avec beaucoup de difficultés. On était au départ 200, maintenant on se retrouve à être une vingtaine, dû à cette réforme. Avec le temps, on a vu que ces changements nous ont apporté de la crédibilité et de la solvabilité parce qu’en un temps record on peut dédouaner la journée même sa marchandise. C’est en fonction de la nature de la marchandise et du tarif douanier de la marchandise qu’ils déterminent le taux cumulé à payer. »

Succès plus nuancé pour les importateurs

Pour les importateurs, ce succès est bien plus nuancé que ça, la fiche de valeurs des douanes est au cœur des désaccords, comme l’explique Hamidou Mhoma, le vice-président de l’organisation patronale. « La durée de traitement des dossiers a fortement diminué, ce qui est vraiment positif. Mais le problème de taxation est lié essentiellement à la valeur en douanes. L’opérateur lui amène ses factures et aujourd’hui on constate que la douane dispose d’une base de données de valeurs qui leur permet de revaloriser la facture alors que le taux de taxation est resté le même. Mais c’est beaucoup plus la valeur qui change à chaque fois. Quand on voit le nombre de containers ou de marchandises vendus aux enchères, ça veut dire qu’on a abandonné. La douane se charge de récupérer les taxes dévolues à ces transactions. »

Les transitaires sont désormais en attente d’un agrément octroyé par les douanes. Sans ce sésame, ils ne pourront pas rester en activité.

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