COP26: la RDC se veut un «pays solution» aux changements climatiques dans le monde

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Le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde a présenté jeudi les ambitions du pays pour la COP26, mais sans donner de détails, même pas la composition de l’équipe des négociateurs congolais. Le pays, qui abrite la deuxième plus grande forêt tropicale du monde après le Brésil, est un réservoir de carbone et une réserve de biodiversité d’importance mondiale. C’est aussi une barrière naturelle contre la propagation des maladies zoonotiques (transmises aux humains par des animaux). Les autorités congolaises disent espérer participer, cette fois, à une COP pragmatique.

Avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa

Kinshasa veut épuiser toutes les questions restées pendantes. Pas question de plaider en solo, assure le vice–Première ministre de l’Environnement et développement durable, Ève Bazaiba. Elle assure que le pays va s’allier à d’autres blocs africains pour plaider la cause du bassin du Congo qui est jusqu’à présent resté relativement intact, bien que les taux de déforestation aient augmenté ces dernières années.

À ses convives dans l’enceinte de la primature, le Premier ministre n’a pas dévoilé les détails du plaidoyer de son pays. Il a juste exprimé sa détermination à obtenir des bailleurs plus que les 200 millions de dollars du fonds climat obtenus ces cinq dernières années.

« L’enjeu ici est d’accéder au fonds climat. Nous voulons y accéder à juste titre et selon les potentialités que nous allons apporter, ce que nous apportons déjà par rapport au réchauffement climatique. C’est bien d’en parler de tout ce qu’il est, mais c’est aussi très important que l’accompagnement aille dans le sens de sauvegarder ce patrimoine. Lors de dernières éditions, nous avons eu à signer des lettres d’intentions couvrant la période de 2016–2021 avec un apport des partenaires d’évaluant à 200 millions dollars. Aujourd’hui nous voulons plus que ce qui avait été donné pour permettre à nos populations qui contribuent à ce combat de bénéficier de ces joutes, mais à côté de ça, que cela puisse servir aussi à la préserve et à l’accroissement de ces potentiels, de cette biodiversité ». 

Mais à Glasgow, le premier opposant de Kinshasa sera sans doute le consortium des organisations forestières et environnementales, qu’elles soient congolaises ou internationales. Elles accusent déjà le gouvernement d’avoir ouvert les forêts congolaises au bradage en levant le moratoire sur l’attribution de nouvelles concessions forestières. 

Pour Ève Bazaiba, la vice-Première ministre, la levée du moratoire sera compensée par des mesures d’encadrement. « Nous sommes en train de prendre des mesures plus contraignantes, plus coercitives notamment la loi de programmation, le zonage, mais aussi la révision de tous les contrats de concession. Nous avons déjà pris la décision de suspendre tout contrat acquis de manière illégale. »

Les ONG bataillent pour que le moratoire soit renforcé. Car l’exploitation forestière industrielle peut perturber gravement les régimes de précipitations en Afrique subsaharienne et provoquer des conditions météorologiques plus extrêmes.

Ces organisations ont déjà saisi les bailleurs, leur demandant de conditionner tout nouvel accord avec Kinshasa à un engagement contraignant de prolongation du moratoire.  

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