Côte d’Ivoire: entre Guiglo et de Taï, une route qui pèse sur l’écotourisme de la région [4/4]

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                Les 82 km de piste qui séparent les villes de Guiglo et de Taï sont un calvaire pour les automobilistes et les populations. Une situation qui pèse également fortement sur le développement de l’écotourisme. Reportage sur cette route, dans l’extrême-ouest de la Côte d’Ivoire.                </p><div readability="93.99898028552">

                <p><em>De notre correspondant à Abidjan,</em>

Des carcasses d’autobus ou de voitures sont abandonnées le long de la piste. En raison des ornières et des profonds nids de poule de cette voie défoncée, les accidents sont légion : « Ça cause même différentes pannes. Vous voyez, la route n’est pas encore bitumée, ma moto n’a même pas 3 ans, mais elle est déjà déchiquetée ».

Il faut parfois 6 à 7 heures pour parcourir les 82 km qui séparent les villes de Guiglo et Taï. Modeste Nahié, le président des jeunes du village de Béouflé-ditroudra, demande depuis de nombreuses années le bitumage de la route : « La route nous pose beaucoup de difficultés, parce que par temps pluvieux il y a des coins qui sont débordés d’eau et on ne peut pas traverser, même les camions ne peuvent pas traverser. On marche, parfois on pousse, on rentre dans la boue et il y a des camions qui sont bloqués de l’autre côté aussi ».

Les Badjan, ces véhicules de transport, sont au bord de la renverse en raison des trous sur la voie. Le trafic est extrêmement ralenti, quand il n’est pas complètement coupé, confient les habitants du village : « On peut mettre un jour ou deux pour aller à Taï, et dernièrement la circulation a été bloquée pendant une semaine ».

Et quand un malade ou un blessé doit être conduit à l’hôpital de Guiglo, il y a parfois des drames : « Il y a des morts parfois quand la voie est coupée, c’est très difficile de faire passer la personne quand ça prend du temps, ça l’épuise ». Lorsque la voie est coupée, la ville de Taï, alimentée en électricité par un puissant générateur électrique peut rester dans le noir pendant plusieurs jours.

Une route qui décourage les touristes

Selon Carole Colin, la responsable du projet d’éco-tourisme à Taï, cette « route de la peur » est également le principal obstacle au développement du tourisme dans la région : « C’est un énorme problème. Actuellement, on sait que c’est ça qui fait qu’on n’a pas plus de touristes à Taï. La plupart des touristes viennent d’Abidjan et sont très refroidis, déjà par la longueur de la route, et de savoir que par la suite il y a deux heures au minimum de piste, c’est extrêmement compliqué. Et donc ça nous pose vraiment des problèmes. En saison des pluies, on a très très peu de touristes, en juin-juillet-août, on a peut-être deux touristes par mois ».

Depuis des années, et surtout en période électorale, des rumeurs de travaux de bitumage refont surface. Mais pour le moment, il n’en est rien. Des ouvriers s’attèlent toutefois actuellement à reprofiler et reniveler cette voie devenue quasiment impraticable et appréciée des coupeurs de route.

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