Côte d’Ivoire : le mafé de N’Dri

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Originaire de Côte d’Ivoire, N’Dri a été contrainte d’arrêter l’école à 14 ans, faute de moyens. Il y a 5 ans, elle a décidé de tenter sa chance et de venir travailler en France. Mais la vie devient rapidement un enfer pour cette jeune maman. Elle se retrouve sans papiers, sans domicile fixe… Mais grâce à la cuisine, sa vie change et commence à lui sourire. N’Dri intègre aujourd’hui la meilleure école gastronomique de France et elle ne compte pas s’arrêter là. Cinquième et dernier épisode de notre série d’été « Diasporas : la cuisine en héritage ».

N’Dri Emeline, 34 ans, nous accueille à Label Gamelle, une entreprise d’insertion en région parisienne, l’endroit où sa vie a complètement changé il y a quelques mois. Elle nous invite au voyage dans sa Côte d’Ivoire natale en partageant sa fameuse recette du mafé, sans oublier la pâte de piment qui l’accompagne. « J’ai choisi le mafé car ce plat me représente et me rappelle l’Afrique. En Côte d’Ivoire on mange beaucoup le mafé », explique N’Dri.

Quand N’Dri est arrivée en novembre 2020 à Label Gamelle, elle était une toute autre personne : « Au début, j’avais honte. Je ne parlais pas, j’avais même honte de manger en public ! Grâce à l’équipe de Label Gamelle, j’ai eu le courage de m’exprimer. J’ai finalement sorti les griffes et je suis fière de mon parcours ».

Mais le chemin n’a pas été facile pour cette maman célibataire de trois enfants. Faute de moyens, elle a dû arrêter l’école en CM2 afin d’aider sa mère à vendre des épices tous les jours de 4 heures du matin jusqu’à 19 heures au marché en Côte d’Ivoire. « Ça m’a fait très mal car j’espérais qu’en continuant mes études, j’aurais un bon travail, un salaire, et que ça irait mieux. Mais ça n’a pas été le cas », raconte N’Dri, les yeux rivés vers le sol.

Il y a cinq ans, lassée de la précarité, elle décide de tenter sa chance en France. Arrivée avec un visa touriste et quelques économies, N’Dri se retrouve rapidement sans domicile fixe et sans papiers. Enceinte de plusieurs mois, elle doit attendre d’accoucher avant de finalement trouver une place dans un centre d’hébergement d’urgence. Elle enchaîne des petits boulots, mais toujours avec l’espoir de poursuivre un jour sa passion. « J’ai toujours adoré la cuisine ! » s’exclame N’Dri. « J’ai commencé à cuisiner à l’âge de 10 ans avec ma mère. Quand je suis arrivée ici, je travaillais au noir, je cuisinais, je faisais le ménage, je gardais des enfants…  J’étais encore plus motivée pour devenir cuisinière. Mais je me disais que je ne savais pas très bien m’exprimer, que je n’avais ni diplôme ni formation… Je me disais que si on ne me prenait pas en cuisine, c’est parce que je n’étais qualifiée que pour faire le nettoyage ou la plonge ».

Aujourd’hui, grâce à Label Gamelle, N’Dri a réussi à décrocher un contrat dans la cuisine de cette entreprise d’insertion. Le concept : fournir des repas dans les centres d’hébergement d’urgence, préparés par des personnes comme N’Dri, issues elles-mêmes de ces foyers. « Je suis très fière de pouvoir faire à manger à mes amis dans les foyers et eux sont très contents de nos plats », sourit N’Dri.

Dans la cuisine, la bonne odeur d’arachide se dégage de la marmite et attire de nombreux curieux parmi ses collègues, prêts à déguster le fameux mafé de N’Dri. Demba, son collègue malien, ne peut s’empêcher d’en redemander. « C’est trop bon ! Je vais tout manger ! », s’exclame le jeune cuisinier.

Après avoir décroché ce travail, N’Dri qui a passé 4 ans sans domicile fixe, a réussi à trouver son propre logement. Elle ne compte pas s’arrêter là. En septembre, elle intégrera l’école Ferrandi, la meilleure formation de gastronomie en France. Son rêve après avoir décroché le diplôme de l’école Ferrandi : ouvrir son propre restaurant en Côte d’Ivoire. Pour N’Dri, la cuisine fait désormais totalement partie de sa vie : « La cuisine, ça m’a sauvé et ça m’aide toujours. J’ai toujours souhaité faire ça et j’ai eu cette opportunité de continuer mes études. Je suis fière d’être une femme en cuisine et j’aime ce que je fais ».

 

La recette du mafé ivoirien de N’Dri :

Ingrédients :

Le mafé :

1 kilo de bœuf

4 oignons blancs

4 tomates

4 gousses d’ail

Akpi (selon le goût)

Poudre de poisson (selon le goût)

400g de pâte d’arachide

2 cubes de bouillon Maggi

Sel

1 petite boîte de concentré de tomate

La pâte pimentée :

Huile de colza

3 oignons blancs

3 tomates

6 gousses d’ail

1 carotte

½ cube de bouillon Maggi

Piment rouge en poudre (selon le goût)

 

Préparation :

1. Faire revenir la viande de bœuf dans une grande casserole. Salez et ajoutez 2 cuillères à soupe d’eau. Cuire pendant 5 minutes à feu moyen.

2. Ajoutez 2 litres d’eau et laissez bouillir le mélange. Ajoutez les oignons, les gousses d’ail, les tomates, le concentré de tomate. Laissez bouillir encore 5 minutes.

3. Rajoutez la pâte d’arachide et laissez cuire pendant 1h-1h30 à feu moyen.

4. Pendant ce temps faites la pâte pimentée. Prenez une petite casserole, ajoutez de l’huile de colza. Rajoutez les oignons, les tomates, les gousses d’ail et la carotte hachés finement. Faire revenir pendant 10 minutes à feu moyen. Rajoutez un demi cube de bouillon Maggi et faites revenir encore pendant 10 minutes. Rajoutez le piment en poudre à la fin.

5. Quand l’étape 3 est terminée, rajoutez dans le mafé les graines d’akpi et la poudre de poisson. Laissez bouillir 5 minutes.

6. Rajoutez les cubes de bouillon et laissez cuire 5 à 10 minutes.

7. Retirez du feu.

Le mafé se mange avec du riz ou avec du foutou.

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