Côte d’Ivoire, le nouvel eldorado touristique: folle rumeur à Niega (2/3)

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                En Côte d'Ivoire, de nombreux habitants du village de Niega, à l’ouest de Sassandra, attendent beaucoup d’un mystérieux chantier entamé en 2015 en bord de mer. Tous croient savoir qu’un hôtel de luxe y sera implanté et offrira des opportunités d’emplois. Certains observateurs craignent une hausse des conflits fonciers et une privatisation abusive des côtes, phénomène déjà observé à Assinie.                </p><div readability="93.054510058404">

                <p>Du sommet de cette colline de Niéga village situé à 12 kilomètres à l’ouest de Sassandra, le point de vue est unique et époustouflant. D’un côté, une végétation dense et tropicale se jette dans l’océan, de l’autre une lagune paisible accueille de gros rochers sculptés par le temps.

Depuis qu’il a été acquis en 2015 par un industriel français, ce terrain de 18 hectares réveille l’espoir d’opportunités économiques pour les habitants de cette région qui reste pauvre malgré son potentiel touristique. Selon le chef du village, Monsieur Moni, un hôtel est en cours de construction. « Le projet d’hôtel n’a été une affaire facile, mais après six ans, le gars a pu mettre son hôtel en place. Ça a abouti à une convention et c’est un secret. »

Le chef du village révèle aussi que la convention prévoit la construction d’une école et l’installation d’une pompe hydraulique. À ce jour, seules quelques fondations en béton sont sorties de terre.  Mais bientôt, jurent certains habitants, il y aura un hôtel de luxe, avec héliport et piscine. Rodrigue Boko, jeune agriculteur, espère que les habitants puissent jouir de ce projet : « Qu’il sache que là où il a construit l’hôtel, il y a des jeunes qui sont en quête d’emploi… »

Priver les héritiers de leurs terres

RFI a pu s’entretenir avec Maxime Mabilon-Wolpe, l’acheteur du terrain. En attendant d’investir son nouveau terrain, l’ancien militaire a loué pour deux mois toutes les chambres d’un hôtel de Sassandra, une ville qu’il compare à Saint-Tropez. Il explique que ce terrain, objet de tous les fantasmes, n’a pas vocation à être un hôtel. « C’est sûr que quand on voit un chantier important, perdu dans la nature, on se dit que c’est nouvel hôtel qui va se construire. Non, c’est tout simplement ma résidence principale dans laquelle je veux passer ma retraite avec ma femme et mes enfants, aller à la pêche et manger mes légumes. »

Pour les professionnels du tourisme et du droit foncier, le manque d’implication des autorités couplé à une législation inadaptée sur le foncier rural pourraient provoquer des tensions à l’avenir. « Les propriétaires terriens, dès qu’ils voient une telle offre, ils adhèrent tout de suite au projet, affirme Serge Kragbé, responsable régional de la fédération de l’industrie hôtelière de Côte d’Ivoire. Pour eux, vendre, gagner de l’argent, subvenir à leur besoin, c’est suffisant. Ils oublient qu’ils perdent le patrimoine de la famille, des futures générations. Aujourd’hui, vous vendez un bien, mais demain vos enfants, vos petits-enfants, de quoi ils vont vivre demain ? » Selon le nouveau propriétaire, le terrain de Niéga a été vendu entre 200 000 et 300 000 euros. Un chiffre que nous n’avons pas pu vérifier.

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