Côte d’Ivoire: l’enquête sur la disparition de Guy-André Kieffer quasi au point mort

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Le journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer a été enlevé sur le parking d’un supermarché d’Abidjan et probablement assassiné en avril 2004 alors qu’il enquêtait notamment sur les malversations dans la filière cacao. Plus de 17 ans après les faits, l’enquête est quasiment au point mort et les parties civiles se battent pour que le dossier ne soit pas enterré.

Avec notre correspondant à Abidjan, Pierre Pinto

Avec les années, les principaux témoins de l’affaire disparaissent. C’est le cas de Michel Legré qui avait donné rendez-vous à Guy-André Kieffer le jour de sa disparition. Le beau-frère de Simone Gbagbo est mort en 2016. Avant lui, un ancien ministre ivoirien de l’Économie Paul Antoine Bohoun Bouabré, suspect dans ce dossier, a succombé à un cancer en 2012.

« Côté Ivoirien, rien ne bouge depuis des années »

Mais les parties civiles, la famille et l’organisation Reporters sans frontières (RSF), déplorent surtout l’inaction qui prévaut dans ce dossier tant du côté des justices ivoirienne que française. « Côté Ivoirien, rien ne bouge depuis des années, et malgré le changement de régime, rien n’a été fait pour que l’affaire avance. Coté français, il y a des actes posés pour que l’affaire ne soit pas classée, mais ça ne va pas plus loin », explique un bon connaisseur du dossier.

Dernier développement en date, la famille a demandé une nouvelle expertise génétique sur les restes découverts à Issia, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire en janvier 2012. À l’époque, les analyses avaient conclu qu’il ne s’agissait pas du corps de Guy-André Kieffer, mais un doute, et donc un espoir, avait subsisté. Les techniques, qui ont évolué depuis neuf ans, permettraient peut-être d’en savoir plus, voire de relancer l’enquête, ou au moins de fermer définitivement une porte. Quoiqu’il en soit, le juge d’instruction français a rejeté cette demande qui devra maintenant être examinée devant la Cour d’appel, indique l’avocat de la famille Kieffer.

« Comme la Côte d’Ivoire semble s’inscrire dans une démarche de réconciliation, le moment est peut-être venu pour les pouvoirs politiques de nous aider à faire un pas dans le sens de la vérité » plaide Me Alexis Gublin.

►À écouter aussi : Bernard Kieffer: «Le frère perdu», un livre contre l’oubli

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