Côte d’Ivoire: les enjeux de l’«écotourisme» dans la forêt de Taï [2/4]

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                Depuis 2014, l’ONG World Chimpanzee Foundation, propose des circuits touristiques dans le parc national de Taï. Objectif : conserver la faune et la flore, et proposer des opportunités de travail aux populations riveraines. Deux nuits au cœur de la forêt primaire, dans le respect des contraintes sanitaires.                </p><div readability="99.009268136785">

                <p><em>De notre correspondant à Abidjan,</em>

Dernières consignes sanitaires prodiguées par le guide à l’adresse des huit touristes – allemands, espagnols et français – qui passeront deux jours dans des tentes au cœur de la forêt primaire de Taï : « Je vais rappeler les mesures sanitaires. On ne doit pas toucher les fruits, parce qu’après ils vont rester au sol et les animaux peuvent les manger, ce n’est pas bon. Tu peux laisser des microbes en les touchant ».

Des gants pour toucher les arbres ou les fruits, le nettoyage obligatoire des bottes à la javel avant de rejoindre le campement ou d’en sortir. L’écotourisme promu par la WCF entend mettre en avant la conservation de la forêt. Pour Carole Colin, responsable du projet, la présence humaine dans le parc, avec 22 personnes directement employées, favorise la politique de préservation : « En plus de faire visiter aux touristes le parc, c’est aussi d’avoir tout le temps sur place des gens qui sont tout le temps en forêt, et qui font reculer un petit peu tout ce braconnage, et toutes les activités illégales qu’il peut y avoir dans le parc ».

Un nombre limité de touristes

Le projet est également un outil économique et politique. Depuis 40 ans, des chercheurs, majoritairement étrangers, font des observations et des études dans la forêt de Taï. Pour éviter un sentiment d’exclusion, le projet de la WCF s’appuie sur la population du département de Taï. Marlène Balou, assistante de la coordinatrice : « Le projet d’écotourisme, c’est un projet communautaire. L’objectif, c’est d’abord de protéger les animaux et l’habitat, mais aussi de faire bénéficier à la population riveraine les retombées, les bénéfices du parc. Et la communauté, ayant vu les bénéfices que pouvaient rapporter le parc national de Taï ».

14 % des recettes reviennent à l’OIPR, l’organisme public qui gère le parc, 3 % pour la mairie de Taï et 81 % pour la World Chimpanzee Foundation, qui assure la gestion et l’organisation du séjour touristique. En 2019, 150 touristes ont tenté l’expérience.

« Avant le Covid, on avait 150 touristes par an en 2019, c’était notre meilleur score. Nous, on ne veut pas faire du bénéfice sur ce tourisme, notre bénéfice à nous, c’est la protection de la nature, donc on a calculé combien on a besoin de touristes pour rentrer dans nos frais de fonctionnement. Il nous faudrait entre 400 et 450 touristes par an, donc on est encore assez loin. Le Covid n’a pas aidé, on a du tout stopper pendant plus d’un an, mais ça reprend en 2021, et on s’est dit qu’on pouvait tenir le pari d’ici à trois ans, on peut y arriver. »

450 touristes par an, mais pas davantage. Au-delà de ce nombre, les risques sur la faune et la flore sont trop importants, comme le changement de comportement des animaux ou une dangereuse transmission de bactéries.

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