Deux militants de Lucha risquent la peine de mort

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L’avocat de deux militants de Lucha (Lutte pour le changement, un mouvement citoyen apolitique et non violent, créé en 2012) a annoncé que ses clients risquaient la peine de mort après un tweet dénonçant le détournement d’une partie de l’aide destinée aux sinistrés de l’éruption du volcan Nyiragongo (Nord-Kivu), le 22 mai dernier.

Cette éruption avait fait plus de trente morts et provoqué le déplacement de 450 000 personnes. La majorité sont rentrées chez elles mais plusieurs milliers demeurent sans logis.

Tweet dénonciateur

Le 4 juin dernier, Lucha avait diffusé un tweet accusant des agents de la Fondation Denise Nyakeru Tshisekedi – l’épouse du Président – à Goma (Nord-Kivu) d’avoir détourné une partie des dons destinés aux sinistrés. Le tweet ajoutait que les “autorités nationales” avaient ”obligé” les entreprises désireuses de venir en aide aux sinistrés à passer par la fondation de la Première Dame pour la distribution de leurs dons.

Quelques minutes plus tard, la Fondation avait démenti l’information sur les réseaux sociaux, indiquait Actualité.cd. Et le 7 juin, la fondation déposait plainte contre Lucha pour diffamation. Un mois plus tard, un militant de Lucha, Parfait Muhani, était arrêté, rejoint par un second, Ghislain Muhiwa, depuis la semaine dernière.

Un tribunal militaire

Or, le Nord-Kivu est, comme l’Ituri, sous état de siège depuis le 6 mai dernier, sur ordonnance présidentielle. Ce sont les tribunaux militaires qui rendent désormais la justice, à l’exception des affaires coutumières.

Selon l’avocat des deux accusés, Me Jean-Luc Bahati, interviewé par 7sur7.cd, les deux jeunes gens ont été accusés d’”imputation dommageable”, délit auquel le magistrat militaire instructeur aurait rajouté, dit l’avocat, l’inculpation d’”association de malfaiteurs”. Selon Me Bahati, en raison de l’état de siège, cette dernière inculpation est passible de la peine capitale.

Détournement confirmé

Le détournement d’une partie de l’aide destinée aux sinistrés a été reconnu par le gouverneur militaire de la province mais ses auteurs demeurent non identifiés à ce jour.

Des défenseurs des droits de l’Homme au Congo ont appelé le gouverneur militaire du Nord-Kivu “à veiller à l’application de l’édit no 001/2019 du 30 Novembre 2019 portant protection des défenseurs des droits humains en Province du Nord-Kivu“.

Après l’arrestation, le 19 avril dernier, de deux autres militants de Lucha, pour avoir manifesté pacifiquement contre les tueries dans le nord de la province du Nord-Kivu, et toujours détenus, l’organisation internationale de défense des droits de l’Homme Human Rithts Watch (HRW) avait stigmatisé le “contexte de répression gouvernementale contre les mouvements pro-démocratie, les médias et d’autres voix dissidentes, qui s’intensifie depuis le début 2020”, soit un an après l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi.

Neuf organisations de défense des droits de l’Homme ont demandé mercredi à Goma la libération des deux militants de Lucha, détenus, selon elles, dans des conditions “inhumaines”.

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