Disparition du journaliste congolais Tshitenge Lubabu, ancienne «voix» de RFI

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Le journaliste congolais Tshitenge Lubabu, ancienne voix de Radio France internationale, est décédé à 66 ans ce mardi 2 novembre. Il avait aussi collaboré à la télévision nationale à Kinshasa ainsi qu’à Jeune Afrique

Une grande plume africaine s’en est allée. Nous avons appris ce lundi la disparition, à 66 ans, du journaliste Congolais Tshitenge Lubabu.

Il fait ses débuts sur Télé Zaïre, la télévision nationale à l’époque ou le pays est dirigé par le maréchal Mobutu. Historien et conteur, il produit et anime une émission littéraire très appréciée avant de s’expatrier vers la France pour officier sur les ondes de RFI. Il rejoint ensuite l’hebdomadaire Jeune Afrique où il aiguise sa plume sur des sujets plus politiques. Quelques années plus tard, il regagne son pays natal devenu la RDC. Rédacteur en chef d’un journal économique local en 2014, il est déçu par l’absence de rigueur, le manque de déontologie et de formation des journalistes. Tshitenge Lubabu l’érudit s’en plaint souvent. Il s’engage alors aux côtés d’un politicien de la province du Maniema sur qui il entreprend d’écrire la biographie. Un ouvrage qu’il ne terminera finalement jamais.

Il a par ailleurs multiplié les ouvrages sur Senghor, les longs récits sur Bob Marley ou encore la politique en RDC.

Hommage rendu ici par François Soudan qui a côtoyé Tshitenge Lubabu de longues années à JA.


Un personnage éminemment sympathique, talentueux, cultivé, hyper sensible […]. Il écrivait pour nous des post-scriptum de citoyens kinois chroniquant avec talent, avec acidité les travers de sa société […]. C’était un personnage solitaire, un intellectuel libre avec un côté presque asocial, en tout cas totalement inadaptable avec le marigot politique congolais avec lequel il refusait toute compromission malgré les offres de service qu’on lui a faites et qu’il a payées cher puisqu’il est mort à 66 ans, dans le dénuement. Et je crois que dans une société congolaise où l’on n’aime rien tant que de se prendre au sérieux, son sens de l’autodérision, sa liberté de ton et de plume vont assurément manquer.

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