Élections au Kenya: à Nairobi, une jeunesse désabusée face aux élections [1/5]

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                Le 9 août prochain, les Kényans sont appelés aux urnes pour élire leur nouveau président et un nouveau Parlement. Comment abordent-ils cette échéance ? Quelles sont leurs attentes ? À Nairobi, où la jeunesse boude la politique, une association de Mukuru, un bidonville de l’est de la capitale, tente de mobiliser les jeunes et organise notamment chaque mardi des cafés-débats.                </p><div readability="94.081982543641">

                <p><em>De notre correspondante à Nairobi,</em>

Une vingtaine de jeunes se sont rassemblés dans le local de cette association de Mukuru. Au programme des discussions : les élections du 9 août. Julius anime le débat : « Combien parmi vous pensent que leur vote compte ? » Personne ne lève la main… À Nairobi, seulement 39,84 % des 18-35 ans sont inscrits sur les listes électorales. Une baisse de 5,27% par rapport au scrutin de 2017, selon la commission électorale. Ici, à peine la moitié des participants a l’intention de se rendre aux urnes le 9 août.

Daisy Abwao en fait partie. À 25 ans, elle votera pour la deuxième fois. « C’est un devoir citoyen ! Tu ne pourras pas changer la donne si tu restes à la maison, tu ne feras aucune différence, fait-elle valoir. Alors qu’un vote peut faire pencher la balance et servir à élire les leaders qui vont apporter du changement dans notre pays. »

Une défiance majoritaire chez les jeunes

Dans la salle aux murs colorés, les préoccupations fusent : hausse du coût de la vie, corruption ou doutes sur le processus électoral… Les raisons ne manquent pas pour justifier une lassitude de la politique. Evans Iteno est en âge de voter pour la première fois, mais ce jeune danseur à mi-temps, éleveur de lapins l’autre moitié, n’est pas convaincu. « Si leur priorité était que l’on puisse manger à notre faim, alors peut-être que je songerais à aller voter. Mais peu importe à quel point leur programme paraît bon, les politiciens finissent toujours par nous sacrifier, déplore-t-il. Ils viennent nous voir, nous donnent de l’argent et repartent sans remplir leurs promesses. »

Quelques sièges plus loin, vêtu d’un t-shirt coloré, Ben Omutiti ne cache pas sa méfiance envers les politiques : « La majorité des candidats sont corrompus ou ont des procès en cours. Une minorité est intègre, mais leurs chances de gagner sont minimes, car ils n’ont pas d’argent pour leur campagne. Et au Kenya, sans argent, on ne gagne pas. Aujourd’hui encore, un candidat au poste de gouverneur de Nairobi est venu dans le quartier sans distribuer d’argent, les habitants ont appelé à voter pour son concurrent. »

À 20 ans, Ben est en recherche d’emploi, comme beaucoup dans la salle.  « La plupart de ces jeunes ont fini le lycée, mais ils sont coincés à la maison. Ils cherchent du travail et n’ont pas les moyens d’aller à l’université, rapporte Nelson Munyiri, fondateur de l’association organisatrice des cafés-débats. La majorité de ceux que l’on voit aller à des meetings politiques n’y vont pas pour écouter les candidats, mais pour ce qu’on va leur donner en échange. Il y a une vraie perte d’espoir dans le système politique. »

Après deux heures de discussion, et plusieurs tasses de café, les indécis ne semblent pas plus convaincus. L’animateur s’en inquiète. Il conclut : « Le futur de ce pays va être décidé par les plus de 35 ans ».

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