En Afrique du Sud, les inégalités accentuées par le manque de transports [2/3]

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                Suite à la pandémie, le chômage continue d’atteindre de nouveaux records et, selon le dernier rapport de l’Institut national des statistiques, il ne frappe pas tout le monde de la même façon. Si 39% des populations noires sont concernées, seules 8% des populations blanches ne trouvent pas d’emplois. Un déséquilibre qui s’explique par de nombreux facteurs et à cause de la configuration des grandes villes, conçues sous l’apartheid, ces inégalités sont renforcées par le manque de mobilité et d’accès aux transports de certains quartiers. Par exemple, à Johannesburg, où la voiture est reine, les zones les plus pauvres se trouvent souvent isolées des centres d’activité.                </p><div readability="86.763977353149">

                <p><em>De notre correspondante à Johannesburg,</em>

Six heures du matin, dans cette gare de Soweto. Un groupe de fidèles entonne des prières dans l’unique train qui desservira le centre-ville. Au-dessus de nous, plus aucun câble, ils ont tous été volés lors des confinements… seule une locomotive qui fonctionne au diesel permet d’organiser quelques navettes.

Cleopatra, 43 ans, va travailler dans un centre d’appel, à l’autre bout de la ville : « C’est difficile ! Maintenant il faut se lever encore plus tôt qu’avant. Mais bon, quand on n’a pas d’argent, on se tourne quand même vers le train. C’est plus raisonnable, mais pas toujours fiable ! »

« Le système est injuste… »

Ces travailleurs ne gagnent pas assez pour acheter une voiture, et même les taxis collectifs sont trop chers pour leur budget. Thabang a lui, rejoint le wagon fumeurs. « Ce n’est pas pratique pour aller au travail, surtout en ce qui concerne la ponctualité. Parfois, mes employeurs disent que je suis responsable, que je fais de mon problème le leur. Le système est injuste, car il n’y a pas d’alternative peu chère et accessible. Par exemple, un taxi, ça peut revenir à 650 rands contre moins de 300 pour le train. »

Et comme le constate John autour de lui, cela pose encore plus de problèmes pour les 35 % de la population en recherche d’emploi, qui n’ont pas toujours les moyens de se rendre dans les centres d’activité : « Il n’y a plus de travail ici, il faut se déplacer assez loin pour en trouver. Les emplois deviennent rares. Donc, on voit nos frères et nos sœurs traîner dans les townships, sans avoir rien à faire… »

« Ces travaux ne permettent pas de répondre aux besoins des usagers »

Ce déséquilibre spatial est hérité du système de l’apartheid, qui consistait à isoler les populations noires, métisses et indiennes hors des villes, dans les townships. Le chercheur Ngaka Mosiane (du Gauteng Observatory City-Region) a vu au fil du temps différents projets échouer à renverser la donne.

Il y a bien eu des tentatives, non seulement pour mettre en place de nouveaux transports, mais aussi pour utiliser les transports afin de stimuler des activités le long de ces axes. Aujourd’hui, tout cela reste inachevé, alors que cela aurait pu être bien mieux développé. Et ces travaux ne permettent pas de répondre aux besoins des usagers.

Selon le ministère des Transports, moins de 20 % du réseau ferroviaire de la région est pour l’instant rétabli.

 

Ce reportage est soutenu par une bourse de l’International Women’s Media Foundation.

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