En Algérie, Emmanuel Macron annonce une commission d’historiens des deux pays sur la mémoire

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                Au premier jour de sa visite officielle en Algérie, Emmanuel Macron s'est longuement entretenu avec Abdelmajid Tebboune. A l'issue de ces échanges, les deux présidents ont prononcé une déclaration au Palais El Mouradia et se sont efforcés de montrer leur volonté de relancer le partenariat entre la France et l'Algérie. Mais pour Emmanuel Macron, cette visite a surtout permis une avancée dans le domaine mémoriel.                </p><div readability="107.6192893401">

                <p>Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune ne se sont pas quittés après leur poignée de main, à l'arrivée du premier à l'aéroport d'Alger-Houari-Boumédiène. Tous deux ont passé en revue les troupes avant les hymnes nationaux. Les deux présidents ont eu leur premier échange dans un salon de l'aéroport, entourés de leurs principaux ministres.

Emmanuel Macron s’est ensuite rendu au mémorial du Martyr, passage obligé dans les visites officielles en Algérie, avant de rejoindre Abdelmadjid Tebboune au palais présidentiel d’El Mouradia, sur les hauteurs d’Alger. Les deux chefs d’État ont eu leur premier entretien en tête-à-tête.

Pour clore cette première journée d’Emmanuel Macron en Algérie, un dîner a été organisé en son honneur au Palais du peuple. S’en est suivi une déclaration conjointe, durant laquelle Abdelmajid Tebboune a salué des « résultats encourageants » qui permettent de « tracer des perspectives prometteuses ». Il a insisté sur la détermination des deux pays à « aller de l’avant » et « intensifier les efforts afin de rehausser les relations ». Le président algérien a notamment évoqué une « intensification des visites de haut niveau ».

Emmanuel Macron, quant à lui, a annoncé l’établissement d’une commission mixte d’historiens algériens et français pour étudier les archives sur la colonisation et la guerre d’Algérie. « Nous avons un passé commun, (…) complexe, douloureux », a déclaré le président réélu en mai dernier. Lui et Abdelmajid Tebboune ont « décidé ensemble » la création de cette commission qui sera chargée de « regarder l’ensemble de cette période historique », « du début de la colonisation à la guerre de libération, sans tabou, avec une volonté (…) d’accès complet à nos archives ».

Emmanuel Macron a voulu acter les choses et justifier une démarche mémorielle qu’il a engagée en France, notamment avec le rapport Stora, mais à laquelle jusqu’à présent il n’avait pas réussi à associer les autorités algériennes, rappelle notre envoyée spéciale Valérie Gas. « Le passé, nous ne l’avons pas choisi, nous en héritons, c’est un bloc, a déclaré le chef de l’Etat. Il faut le regarder, le reconnaître. mais nous avons une responsabilité : c’est de construire notre avenir, pour nous-même et nos jeunesses. » 

Le président français avait dit qu’il voulait tourner sa visite vers l’avenir et la jeunesse mais c’est bien encore une fois la question de la mémoire et du passé, sources de crispations entre la France et l’Algérie, qui ont pris le dessus. Celle-ci avait occasionné une brouille entre Alger et Paris en octobre dernier, quand Emmanuel Macron avait reproché au système politico-militaire algérien d’« exploiter une rente mémorielle » et s’était interrogé sur l’existence de la nation algérienne avant la colonisation.

Sur les autres sujets, notamment la question des visas en cours de réglement selon Emmanuel Macron, le président français a dit souhaiter faciliter la mobilité des artistes, sportifs, entrepreneurs, universitaires ou associatifs. Et il a insisté sur la coopération économique porteuse d’emplois pour les jeunes. « Plusieurs éléments seront au coeur de nos travaux, d’abord clarifier, simplifier notre cadre de mobilité l’un et l’autre, avancer sur les travaux sur notre industrie, notre recherche, l’hydrocarbure, nos métaux rares. Et pouvoir avancer sur des sujets d’innovation que nos jeunesses aspirent à défricher, sur lesquels nous souhaitons aller plus vite et plus fort. J’en vois au moins deux : le numérique et la création cinématrographique. »

Les dossiers sécuritaires africains n’ont pas été oubliés, a souligné Abdelmadjid Tebboune, pour qui la Libye, le Mali, le Sahel et le Sahara occidental méritent que l’Algérie et la France redoublent d’efforts.

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