En Algérie, Karim Tabbou, figure de la contestation, plaide pour un « vrai processus politique »

Karim Tabbou lors de sa libération de la prison de Kolea, à l’ouest d’Alger, le 2 juillet 2020.

L’opposant algérien Karim Tabbou, figure emblématique du mouvement populaire du Hirak, opposé au régime antirégime, a plaidé, lundi soir 6 juillet, en faveur de la libération des détenus en Algérie et d’un « vrai processus politique ».

« La meilleure façon de faire le printemps, c’est de sortir tous les oiseaux des cages », a-t-il affirmé, en faisant allusion aux prisonniers du Hirak, dans un long entretien à la station Berbère Télévision, sa première interview depuis qu’il a recouvré la liberté le 2 juillet. « Le pouvoir veut nous mettre dans des cages, c’est le piège. Tant que les gens chantent dans les cages, ça ne le dérange pas », a expliqué l’opposant, en exhortant à « casser les cages » pour faire « le vrai printemps ».

Lire aussi En Algérie, la justice libère Karim Tabbou, Amira Bouraoui, Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche, figures de la contestation

Après neuf mois de détention, Karim Tabbou a bénéficié d’une libération conditionnelle ainsi que trois autres militants connus, une mesure considérée comme un geste d’apaisement de la part du pouvoir.

« La prison est une usine à transformer la colère en énergie politique », a-t-il témoigné, entouré de sa famille, en évoquant son incarcération, la machine judiciaire, le Hirak, la solidarité et le pacifisme du peuple algérien, « sa » famille. « Quand tu te sens humilié, enfermé dans une cage de deux mètres carrés, tu as le temps de réfléchir, a-t-il ajouté. C’est une nécessité historique que (…) d’aller vers un vrai processus politique qui permette d’aller de l’avant. »

« Unis, pacifiques et déterminés »

Pour ce faire, il a invité les Algériens à rester « unis, pacifiques, déterminés, civilisés et organisés », en assurant que « rien ne nous fait renoncer à nos principes ».

Emprisonné depuis le 26 septembre 2019, Karim Tabbou avait été condamné en appel le 24 mars à un an de prison ferme pour « atteinte à l’intégrité du territoire national ».

Il est par ailleurs poursuivi pour « atteinte au moral de l’armée » dans le cadre d’une autre affaire, dont le procès a été reporté au 14 septembre.

Lire aussi En Algérie, des artistes chantent en ligne pour la libération des prisonniers du Hirak

Karim Tabbou est porte-parole de l’Union démocratique et sociale (UDS).

Né d’un immense ras-le-bol des Algériens en février 2019, le Hirak réclame depuis un changement du « système » en place depuis l’indépendance du pays, en 1962. En vain jusqu’à présent, même s’il a obtenu en avril 2019 le départ du président Abdelaziz Bouteflika après vingt ans de règne. A l’exception de la période de confinement, les manifestants du Hirak sont descendus dans la rue tous les mardis et vendredis depuis le début du mouvement pour manifester pacifiquement.

Le Monde avec AFP

Total
1
Shares

Laisser un commentaire

Related Posts
%d blogueurs aiment cette page :