En Algérie, le journaliste Fodil Boumala a été relâché en attendant son procès

Manifestation antirégime à Alger, le 6 mars 2020.

Le journaliste et blogueur Fodil Boumala, figure du soulèvement populaire Hirak en Algérie, a retrouvé la liberté, en attendant son prochain procès, alors que devaient comparaître jeudi 18 juin une vingtaine d’opposants poursuivis par les autorités, selon ses défenseurs.

Le juge du tribunal de Dar El Beïda, à Alger, a ordonné la remise en liberté de M. Boumala dans l’attente de son procès reporté au 2 juillet, ont précisé les mêmes sources.

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Interpellé dimanche devant son domicile à Alger par des policiers en civil, le journaliste avait été placé mercredi sous mandat de dépôt. Il est accusé d’« incitation à attroupement non armé », « outrage à corps constitué » et « publications pouvant porter atteinte à l’intérêt national ». M. Boumala a déjà été condamné puis relaxé pour « atteinte à l’unité nationale ». Mais le parquet a interjeté appel et l’appel a été renvoyé au 30 juin.

Pas moins de sept procès de militants du Hirak, mouvement populaire de protestation antirégime sans précédent, étaient prévus ce jeudi dans tout le pays. La plupart ont été reportés en raison de la pandémie de Covid-19.

Près de 70 détenus d’opinion

Deux autres figures de la contestation, le journaliste Khaled Drareni et l’activiste Samir Benlarbi, emprisonnés depuis mars, ont été auditionnés « sur le fond » par le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’Hamed à Alger. La procédure s’est déroulée au centre pénitentiaire de Kolea, à l’ouest d’Alger, où ils sont incarcérés.

M. Drareni est le fondateur du site d’information en ligne Casbah Tribune et le correspondant de la chaîne de télévision française TV5 Monde et de l’ONG Reporters sans frontières (RSF) en Algérie. Samir Benlarbi est un militant connu du Hirak.

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Les deux hommes avaient été arrêtés le 7 mars lors d’une manifestation à Alger, en compagnie d’un troisième activiste, Slimane Hamitouche. Ce dernier sera entendu dimanche par le juge d’instruction. Ils sont poursuivis pour « incitation à attroupement non armé » et « atteinte à l’unité nationale ».

Selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), près de soixante-dix détenus d’opinion sont actuellement derrière les barreaux. Né en février 2019 d’un immense ras-le-bol des Algériens, le Hirak a ébranlé le régime jusqu’à la suspension de ses manifestations hebdomadaires en raison de la crise sanitaire. Mais avec le début du déconfinement, des mobilisations sporadiques ont repris ces dernières semaines à travers le pays.

Le Monde avec AFP

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