En Algérie, un défilé historique pour les 60 ans de l’indépendance

en algérie, un défilé historique pour les 60 ans de l’indépendance 62c4e6fb4bb08.jpeg
en algérie, un défilé historique pour les 60 ans de l’indépendance 62c4e6fb4bb08.jpeg

Publié le : Modifié le :

                L'Algérie a célébré en grande pompe le 60e anniversaire de son indépendance ce mardi 5 juillet. Après avoir déposé une gerbe au sanctuaire des Martyrs à Alger, le président Abdelmadjid Tebboune a passé en revue des unités de plusieurs services de sécurité avant de donner le coup d'envoi d'un défilé militaire d'une ampleur inédite.                </p><div readability="109.00963081862">

                <p>Le président Abdelmadjid Tebboune et ses invités, dont le président de Tunisie, du Niger et du Congo, ont quitté la tribune officielle qui était dressée à côté de la grande mosquée sur la RN 11 à la sortie est de la capitale. Ont pris part au défilé les forces aériennes, navales et terrestres, la garde républicaine et des formations représentant les écoles militaires, rapporte notre correspondant à Alger,<strong> Faycal Mettaoui</strong>.

La parade a commencé avec un spectacle aérien, avec la participation des chasseurs Su-30MKA, Su-24, des avions de transports Iliouchine et des avions de transport Iliouchine de fabrication russe, des DC130, des avions américains. L’armée algérienne est en grande partie équipée par l’armement russe dont les chars T-55 et T-90 présents au défilé.

► À écouter aussi : Appels sur l’actualité – Algérie: 60 ans d’indépendance

Au milieu d’une forte présence policière, les Algériens se sont rassemblés en masse au niveau de la promenade des Sablettes pour suivre le défilé, certains munis de drapeaux. Certains prenaient des photos. Des bâtiments environnants, on voyait des familles rassemblées au niveau des balcons pour suivre la parade, la première en 33 ans.

Pendant deux heures, Ahmed, Zohir et d’autres spectateurs se sont dit fiers d’avoir vu autant d’équipmement militaires, d’avions et de chars.

Les Algérois ont accueilli avec enthousiasme la parade militaire lors des célébrations du 60ème anniversaire de l’indépendance

Une lettre d’Emmanuel Macron

Si les cérémonies se sont déroulées en présence de plusieurs chefs d’État étrangers, dont le Tunisien Kaïs Saied et le Nigérien Mohamed Bazoum, Emmanuel Macron, lui, n’y était pas. À défaut, le président français adressé une lettre à son homologue algérien.

Le président français appelle, dans sa lettre, au renforcement des liens entre la France et l’Algérie, et dit son engagement à poursuivre la démarche de « reconnaissance de la vérité » et de « réconciliation des mémoires ». Depuis son accession à la présidence française, Emmanuel Macron a entamé une série de gestes mémoriels, en excluant toutefois toute excuse ou repentance.

Six décennies après la fin de la colonisation, les relations franco-algériennes restent régulièrement soumises à des soubresauts. En octobre dernier, l’Algérie a par exemple rappelé son ambassadeur à Paris pour consultations, après des propos du président français rapportés dans la presse. Alger avait aussi été contrariée par la décision de Paris de réduire le nombre de visas accordés aux Algériens, tout comme aux Marocains, et aux Tunisiens.

Un réchauffement progressif ?

L’heure semble désormais à un nouveau réchauffement progressif. Juste après sa réélection, Emmanuel Macron a été invité à se rendre à Alger par Abdelmadjid Tebboune. En février, le ministre algérien des Affaires étrangères a évoqué l’excellente relation personnelle entre les deux chefs d’État. Ramtane Lamamra estimait alors que la relation bilatérale était dans une phase « laborieusement ascendante », en raison d’un grand nombre de difficultés.

Pour Xavier Driencourt, ambassadeur de France en Algérie entre 2008 et 2012, puis de 2017 à 2020, le discours d’un réchauffement de la relation entre les deux capitales ne serait pas suivi d’effet. Il revient sur 60 ans de relations conflictuelles entre les deux pays.

Xavier Driencourt ancien ambassadeur de France à Alger revient sur 60 ans de relations conflictuelles entre les deux pays

Quel paysage politique 60 ans après ?

L’Algérie est une démocratie de façade, marquée par une forte répression, selon Madjid Benchir, ancien doyen de la faculté de droit d’Alger. Le multipartisme a remplacé le système de parti unique à la fin des années 1980. Même si le FLN reste aujourd’hui encore le parti qui dispose du plus grand nombre de sièges à l’Assemblée nationale.

Des dizaines de partis sont agréés, mais peinent à exister. Pour Louisa Dris Aït Hamadouche, professeur à la faculté des sciences politiques d’Alger, ces partis ne pouvaient pas déboucher sur une réelle alternative politique. Elle note que depuis 2019, leur marge d’expression s’est encore réduite et que les voix d’opposition sont quasiment « inaudibles ». Médias et partis politiques sont soumis à des pressions, parfois à des poursuites.

Plusieurs chercheurs estiment que le président Abdelmadjid Tebboune ne pouvait pas constituer une ouverture après les 20 ans de pouvoir d’Abdelaziz Bouteflika, dont il a été plusieurs fois ministre. Les présidents passent, indique Madjid Benchir, mais le système à la tête de l’Algérie, lui, ne change pas.

            </div>
Total
12
Shares
Related Posts
%d blogueurs aiment cette page :