En Angola, des hommages à José Eduardo dos Santos sur fond de tensions

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                L'Angola enterre ce dimanche 28 août son ancien président José Eduardo dos Santos, mort le 8 juillet dernier à Barcelone. Ce samedi, le cercueil de celui qui a dirigé le pays pendant 42 ans a été exposé place de la République, à Luanda.                 </p><div readability="76.623890002865">

                <p><em>Avec notre envoyée spéciale à Luanda,</em> <strong>Gaëlle Laleix</strong>

Sous un grand chapiteau blanc, face au mémorial Augustino Neto, repose le cercueil de José Eduardo dos Santos. Des milliers d’Angolais sont venus se recueillir depuis le matin. La foule n’était pas immense, mais le flot continu. Bernardo est arrivé tôt sur la place de la République, alors que l’endroit était encore presque vide. « José Eduardo dos Santos était l’architecte de la paix, donc le peuple l’attendait », explique-t-il.

L’Angola a connu une guerre civile de plus de 25 années, entre le MPLA de José Eduardo dos Santos, et l’Unità de Jonas Savimbi. Sur la place, de grands panneaux de photos de combattants saluent l’artisan de la paix. C’est ce récit que souhaitent raconter aujourd’hui les autorités angolaises, alors que les résultats provisoires des élections générales sont contestés par l’opposition et une partie de la société civile.

« Cet hommage doit être un moment d’union nationale, indique l’évêque, Monseigneur Apolonio Graciano, qui explique s’adresser particulièrement aux réseaux sociaux. Nous ne pouvons pas entretenir des conflits, des discordes. »

Mais sur la place, certains ne cachent pas leur colère face à l’état de leur pays. « Après 42 années de pouvoir de Zè Du, il y a une pauvreté immense, mais ce n’est pas seulement sa faute. Lui, il a toujours pensé au bien de son peuple. On a changé de président et le pays est en ruines », reproche un homme. « João Louenço a tout gâché. Nous souffrons, nous n’avons rien », s’emporte une autre.

Des appels à manifester ce samedi matin place du 1er-Mai circulaient depuis hier. Au final, aucun rassemblement n’a eu lieu. Dès 6h, le centre-ville était complètement bouclé par la police pour le cortège de José Eduardo dos Santos.

Des obsèques conflictuelles

L’ancien président est décédé le 8 juillet à Barcelone en Espagne. Mais sa dépouille n’a pu regagner l’Angola que la semaine dernière, en raison d’un contentieux entre deux de ses filles et sa veuve. Le jour de la mort de l’ancien président, l’une de ses filles porte plainte auprès de la justice espagnole. Elle soupçonne la veuve de José Eduardo dos Santos, Ana Paula, d’avoir joué un rôle dans sa mort. En arrière-fond, se joue une guerre pour les obsèques de l’ancien président. Le gouvernement angolais veut des funérailles nationales. Mais Tchizé et Isabel dos Santos, les filles, souhaitent enterrer leur père en toute intimité, en Espagne.

Elles veulent surtout empêcher que le MPLA utilise l’émotion populaire suscitée par des funérailles nationales, à la veille d’élections générales. Joao Lourenço, successeur de José Eduardo dos Santos, s’est en effet attaqué frontalement à la famille Dos Santos dans sa lutte contre la corruption. Après autopsie, la justice espagnole rend le corps à la veuve de l’ancien président, qui elle-même soutient Joao Lourenço. Aujourd’hui, les funérailles interviennent alors que le pays attend toujours les résultats définitifs de ses élections générales et que l’opposition conteste les résultats provisoires. Mais selon les autorités, l’heure n’est plus à la politique.

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