En Tunisie, le tourisme reprend des couleurs

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                En Tunisie, le bilan de la saison touristique reste correct avec 4,1 millions de visiteurs cet été, mais très loin des chiffres d’avant la pandémie. En 2019, près de 9 millions de touristes étaient venus dans le pays. Cette année, avec l’absence du marché russe et ukrainien, et une reprise très timide du tourisme algérien, de nouvelles tendances apparaissent : la diaspora des Tunisiens de l’étranger, revenue massivement au pays, la reprise timide du marché européen et le boost du tourisme local malgré la crise économique que traverse le pays.                </p><div readability="94.646002710027">

                <p><em>De notre correspondante à Tunis,</em>

À l’hôtel La Badira, le luxe ne connaît pas la crise cet été. Le prix d’une chambre en haute saison démarre à 300 euros la nuit. Situé dans la région de Hammamet à 60 kilomètres de Tunis, l’établissement a fait le plein pendant la période estivale. La propriétaire, Mouna Ben Halima, nuance cette reprise : « La saison s’est très, très bien passée. On a même eu des pics qui dépassaient le niveau de 2019, aussi bien en nombre qu’en chiffres. Maintenant, je pense que mon cas n’est tout à fait représentatif de l’hôtellerie tunisienne parce que beaucoup d’hôtels qui travaillaient avec le marché russe ou le marché algérien n’ont pas eu ce retour de clientèle. Donc ce qui a repris, ce sont vraiment les marchés traditionnels classiques qui viennent en Tunisie depuis 50 ans qui sont les marchés européens. »

Malgré l’ouverture des frontières le 15 juillet dernier avec l’Algérie, seulement 60 000 touristes du pays voisin sont venus, contre 1 million attendus par les professionnels, à cause de prix trop élevés et de l’exigence de tests PCR coûteux. Le tourisme local a permis de pallier ce manque : « On a toujours eu le marché local, ça toujours été notre coussin de sécurité depuis l’ouverture, depuis avant le Covid, et avant les attentats. »

Dans la station balnéaire de Kelibia, au Cap-Bon, la crise économique se ressent dans le budget des vacanciers aux revenus plus modestes que les clients de La Badira. Walid Sammoud vend des articles de plages sur la rue principale : « Les gens sont vraiment fatigués sur le plan économique, ils se serrent la ceinture et vont plutôt acheter des articles bon marché, surtout que nos prix aussi ont augmenté. »

Les Tunisiens qui profitent des belles plages de la ville pendant l’été, favorisent la location de maison, moins chère qu’un hôtel. Ramzi, 55 ans, loue des appartements à la semaine : « Ici, les prix sont plus accessibles, cela permet à des gens à petit budget de profiter de la mer et de s’évader, quel que soit le statut social. »

Fahem Haj Mabrouk, 45 ans, fonctionnaire, est originaire de Menzel Temime à 20 minutes de Kelibia. Il vient y nager chaque été avec sa famille : « Les Tunisiens sont sous pression, beaucoup ont du mal à joindre les deux bouts et à dépenser en loisirs. Finalement, la plage, c’est tout ce que l’on a encore de gratuit. On peut venir avec son parasol et son pique-nique, se baigner et s’amuser gratuitement. »

Malgré ce tourisme local qui se développe, le modèle du tourisme de masse en Tunisie s’étiole de plus en plus. Près de 350 unités hôtelières ont fait faillite ces quatre dernières années.

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