Entre Madagascar et le Royaume-Uni, 200 ans de relations et un traité historique

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                De nombreux Malgaches ont suivi ce lundi les funérailles d'Elizabeth II. Les écoles privées anglicanes et certaines de leurs églises ont fermé leurs portes, en signe de deuil et de communion.                </p><div readability="84.677184466019">

                <p><em>Avec notre correspondante à Antananarivo, </em><strong>Sarah Tétaud</strong>

Dans sa maison située à quelques mètres de la cathédrale anglicane Saint Laurent Ambohimanoro, une fidèle assiste, recueillie, aux funérailles de la reine, retransmises en direct à la télévision, lundi 19 septembre. Elle se confie : « Elle a vécu 96 ans. On l’a connue, même si elle habitait loin, on la voyait à la télévision. Elle avait beaucoup de relations avec nous, les chrétiens anglicans, donc je suis très triste aujourd’hui. Je profite de ce culte pour prier pour sa famille, mais aussi pour l’avenir de notre Église, parce que notre cheffe suprême a changé et on ne sait pas encore à quoi s’attendre. »

En plus de leurs liens religieux, le Royaume-Uni jouit d’une place chère dans le cœur des Malgaches. En 1817, c’est avec la couronne britannique que Madagascar a signé son premier traité diplomatique. Un tournant dans l’histoire du pays que nous explique Helihanta Rajaonarison, historienne, enseignante-chercheur à l’université d’Antananarivo et spécialiste du XIXe siècle :

« Ce traité est exceptionnel dans la mesure où ce sont les deux parties qui ont réfléchi et échangé pour la construction de ce traité. Et donc, c’est la première fois qu’un souverain malgache, en l’occurrence Radama Ier, est considéré d’égal à égal par une grande puissance de l’époque, ici, la couronne britannique. Ce traité reconnaît Radama Ier comme roi de Madagascar, et donc l’existence d’un royaume de Madagascar, même si en réalité, tous les autres royaumes ne sont pas sous l’autorité de Radama Ier, bien que ce soit sa vision de l’unification. Un autre point marquant de ce traité, c’est que Radama Ier accepte d’arrêter le commerce des esclaves. Et, en contrepartie, le roi d’Angleterre s’engage à rembourser le manque à gagner. »

Ce traité, mis en œuvre à partir de 1820, a conduit à la modernisation du royaume – industrie, architecture, techniques diverses – et de son armée, mais a également impulsé la transcription de la langue malgache en caractères latins. Ce n’est qu’en 1896, au moment de la colonisation française et l’abolition de la royauté, que le traité est alors rendu caduc.

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