Espagne: expulsion vers le Maroc de plus de 700 migrants mineurs

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En mai, quelque 10 000 marocains avaient rejoint l’enclave espagnole de Ceuta à la faveur du laxisme voulu des forces de sécurité marocaines. Parmi eux, 2 à 3 000 étaient des mineurs. La majorité avaient été expulsée immédiatement et d’autres sont revenus au Maroc de leur initiative propre. Il en restait un millier. Depuis vendredi, le ministère de l’Intérieur en a déjà rapatrié 700 d’entre eux, en catimini. Cela provoque de vives réactions parmi les ONG et même au sein du gouvernement socialiste.

Avec notre correspondant à Madrid, François Musseau 

Cette expulsion de 700 mineurs marocains non accompagnés fait l’objet d’une vive polémique. Certes, cette opération de retour forcé entre dans le cadre d’un accord bilatéral entre l’Espagne et le Maroc, deux pays qui ont connu une forte crise diplomatique en mai dernier. Mais, pour le reste, cette expulsion provoque des critiques d’un peu partout. De l’opposition de droite, du parti de gauche Podemos membre de la coalition gouvernementale, de certains ministères et aussi de la part d’organisations non gouvernementales qui travaillent pour les droits des mineurs immigré.

Violation du droit espagnol et international

Tous, ainsi que le Défenseur du Peuple, reprochent au ministère de l’Intérieur de ne pas avoir respecté le protocole habituel de rapatriement, de ne pas en avoir informé publiquement et, surtout, d’avoir violé un des principes fondamentaux de la législation concernant les jeunes immigrants : à savoir qu’il convient d’agir « dans l’intérêt supérieur du mineur ». Or, précise-t-on, l’immense majorité de ces adolescents n’avaient aucune envie de revenir au pays, où les attendent la pauvreté et le désœuvrement.


L’évaluation de l’intérêt supérieur de l’enfant doit être effectuée. Une fois cette évaluation faite, on peut décider si cet enfant doit rentrer dans son pays, ou bien rester en Espagne parce qu’il mérite une protection, peut être même un asile. Peut-être qu’il peut aller dans d’autres pays, où il peut prouver qu’ils ont de la famille. On ne peut pas généraliser, un départ collectif n’est pas possible, car il est contraire aux réglementations nationales, européennes et internationales.

Carmen Molina d’Unicef España : «Ces expulsions ne peuvent pas se faire de manière collective»

Au cœur du mois d’août, ni le ministre de l’Intérieur ni le chef du gouvernement Pedro Sanchez ne se sont encore prononcés sur cette action controversée.

►À écouter aussi : Grand reportage – Andalousie: les esclaves du maraîcher de l’Europe

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