Eswatini [3/3]: la fin de la monarchie?

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                Dernier volet de notre série consacrée à la situation au sein du royaume d’Eswatini, dernière monarchie absolue d’Afrique. La pandémie de Covid-19 a aggravé une situation économique déjà très dégradée. Un peu moins des deux tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté et le chômage touchait, en 2020, 23% de la population. Une réalité qui contraste avec le train de vie mené par la famille royale, qui possède des parts dans les plus grosses entreprises du pays. Depuis juin, la colère gronde et de nombreux manifestants réclament du changement au sein du royaume.                </p><div readability="95.867159858475">

                <p><em>De notre envoyée spéciale en Eswatini,</em> 

Tsandzi se lève tous les matins aux aurores pour nourrir ses volailles sur les hauteurs de Mbabane. À 43 ans, elle est diplômée pour enseigner dans les salles de classe, mais elle est désormais employée sous contrat et doit donc attendre que l’on fasse appel à elle : « Je fais partie des professeurs qui ont les diplômes les plus élevés du pays, et la plupart du temps, je reste chez moi, désœuvrée. J’élève mes quelques poules, que je vends ensuite pour pouvoir survivre. »

Tsandzi vient de passer presque un an sans travail. Elle allait tout juste reprendre lorsque les écoles ont été fermées, en octobre, suite aux manifestations. Elle aussi a rejoint le mouvement de contestation, face à sa situation précaire et au comportement du roi Mswati III : « C’est très déroutant de voir la pauvreté des gens ici, et des professeurs à qui on dit qu’on ne peut pas les employer de façon permanente, parce qu’il n’y a soi-disant pas d’argent. Et à côté, pour le mode de vie somptueux de la famille royale, il y a toujours de l’argent. »

Mais ce sont avant tout les jeunes qui ont porté le mouvement, après la mort d’un étudiant en droit en mai dernier. Les vagues de manifestations se succèdent les unes après les autres dans le pays depuis des années, mais Cynthia, 17 ans, espère que cette fois-ci sera la bonne : « Je pense vraiment que le pays a besoin de changement. Le roi est au pouvoir depuis des années, et pendant tout ce temps, il n’y a eu aucun progrès. Je ne pense pas qu’il soit un bon leader. Parfois, on envisage de quitter le pays, car on voit nos grandes sœurs rester chez elles à la maison et personne ne les aide. Alors qu’est-ce que l’avenir nous réserve, à nous ? »

► À écouter : Eswatini [1/3]: du sang dans les rues

Un dialogue national prévu début 2022

Suite au déplacement, au nom de la SADC, du président sud-africain Cyril Ramaphosa, le roi a accepté d’organiser un « Sibaya », soit un grand dialogue national, d’ici le début de l’année prochaine. Ce sera l’occasion de déterminer ce que souhaite la majorité, selon le Premier ministre, Cleopas Dlamini, nommé lors du dernier Sibaya en juillet.

« Les gens pourront ainsi exposer leurs préoccupations. Ce sera très libre, tant que les procédures inscrites dans la Constitution sont suivies. Pour l’instant, on entend une faible minorité réclamer du changement, mais on verra si c’est l’opinion de la majorité. Si c’est le cas, le gouvernement ne leur barrera pas la route. »

Les opposants craignent cependant que ce dialogue se transforme une nouvelle fois en monologue du roi, et qu’ils ne soient pas libres d’exprimer sans crainte leurs opinions.

► À écouter : Eswatini [2/3]: faire partie de l’opposition dans la dernière monarchie absolue d’Afrique

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