Éthiopie: à Teraf, la population victime des exactions de soldats

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                Dans le ville éthiopienne de Teraf, plusieurs habitants ont été victimes d’exactions. L’ONU a décidé de mettre en place une commission d’enquête concernant toutes les parties prenantes du conflit.                </p><div readability="72.81287485006">

                <p><em>Avec notre envoyé spécial à Teraf</em>, <strong>Noé Hochet-Bodin</strong>

Lorsque, début décembre, Mohammed Ahmed tente de retrouver sa femme Aisha Ali, cachée dans les environs de Teraf, il tombe nez à nez avec les soldats tigréens qui occupent la ville. « Tout ce que je peux vous dire c’est qu’il était innocent mais ils l’ont quand même tué. Il marchait avec un religieux à ses côtés. La patrouille des forces tigréennes a vérifié leurs identités. Ils ont regardé sa carte et lui ont dit : “Toi, Mohammed Ahmed, on te connaît, tu es un milicien, tu t’es battu contre nous” », raconte sa femme.

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a décidé vendredi 17 décembre, lors d’une session spéciale, de créer une commission chargée d’enquêter et de réunir des preuves sur les exactions commises dans le cadre du conflit en Éthiopie qui dure depuis plus d’un an. Cette décision a lieu notamment après la publication de deux rapports de l’organisation Human Rights Watch. L’un fait état de massacre et détentions massives de Tigréens par les forces amharas. L’autre, au contraire, pointe du doigt les exécutions sommaires pratiquées par les rebelles tigréens au sein de la région voisine Amhara.

« C’était pendant la nuit »

Dans le village de Teraf, d’après les habitants, 25 personnes ont été exécutées sommairement par les forces tigréennes et leurs alliés oromos. « Le premier massacre a eu lieu quand ils sont venus nous envahir, c’était pendant la nuit. Ensuite nous avons enterré tous les corps au même endroit », raconte Mohamed Siraj, un fermier de 31 ans en montrant la fosse commune où sont enterrées les victimes.

Mohammed Siraj et d’autres fermiers avaient alors brièvement combattu les rebelles tigréens à leur arrivée, ce qui pourrait avoir provoqué des représailles comme dans d’autres villes de la région. Mais le fermier préfère croire à des motivations ethniques : « C’est parce que nous sommes amharas qu’ils nous ont tué. Surtout car nous sommes des amharas vivant en zone à majorité oromos. »

Les conflits territoriaux sont récurrents entre les deux plus grandes communautés éthiopiennes, les Oromos et les Amharas, en partie à cause de cette situation administrative complexe.

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