Éthiopie: depuis le front, Abiy Ahmed promet «d’enterrer l’ennemi»

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                En Éthiopie, le Premier ministre a été montré à la télévision ce vendredi 26 novembre, quatre jours après avoir annoncé qu'il se rendrait sur le front pour prendre le commandement des opérations militaires. Entretemps, à Addis-Abeba, les autorités ont pris de nouvelles mesures draconiennes, dans le cadre de l'état d'urgence décrété le 2 novembre, alors que de durs combats continuent sur plusieurs fronts.                </p><div readability="77.528183716075">

                <p>C'est en tenue de camouflage, en casquette et lunettes de soleil, qu'Abiy Ahmed s'est mis en scène, une radio à la main, sur le front de la région Afar. Sur les images tournées par la chaîne de télévision de la région oromo, sa région natale, il apparaît à la tête d'une section inspectant la brousse.

Vantant les succès de la contre-offensive en cours, il explique que l’armée va « enterrer l’ennemi ». Il affirme qu’elle a repris la localité de Kasagita, dans la savane au pied des montagnes du Tigré, où de durs combats étaient signalés la semaine dernière. Il dit enfin que ses soldats avancent encore, se trouvant désormais à moins de 100 kilomètres de Dessie, le carrefour stratégique dont la chute avait, au début du mois, ouvert la route de la capitale à la rébellion tigréenne.

Au détour d’une phrase, Abiy Ahmed fait également allusion à une annonce faite quelques heures plus tôt par la télévision publique, disant que l’université d’Addis-Abeba se réservait le droit d’annuler les diplômes de ceux qui soutiendraient la rébellion, donnant ainsi une indication de temps à cette séquence télévisée. « L’ennemi n’a pas les moyens de rivaliser avec nous. Nous allons gagner », conclut-il. 

Cette opération de communication est survenue au lendemain d’un nouveau tour-de-vis de l’armée dans la capitale. Quatre règles draconiennes, notamment à destination des médias et de leurs sources, ont été édictées jeudi, interdisant par exemple de rendre compte de la situation militaire hors circuits officiels, ou de « soutenir les groupes terroristes sous le prétexte de la liberté d’expression », sans autre précision.

Sur le terrain, la situation n’a pas beaucoup évolué. Les rebelles et les forces fédérales se font toujours face sur plusieurs points de contact, autour du dernier col avant la plaine où se trouve la capitale, dans les montagnes plus au nord, ainsi qu’à la frontière avec la région Afar.

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