Forum de Dakar: face aux crises économiques et sanitaires, «l’urgence est là»

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                La 7e édition du Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique s’ouvrait ce lundi 6 décembre. Un rendez-vous qui réunit de nombreux acteurs politiques, institutionnels, issus du monde humanitaire et de la recherche. Les présidents du Sénégal, Macky Sall, d'Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, du Niger, Mohamed Bazoum, et de Guinée-Bissau, Umaro Cissoco Embalo, sont présents. Au menu des échanges : les questions de sécurité et de développement, mais également le Covid-19.                </p><div readability="108.26399477238">

                <p><em>Avec notre envoyé spécial à Dakar, </em><strong>Pierre Firtion</strong>

« L’urgence est là », a annoncé ce lundi matin à la tribune le président sénégalais. « Il nous faut faire face aux effets néfastes d’une double crise sanitaire et économique, a déclaré Macky Sall. Double crise à laquelle s’ajoute pour l’Afrique la vulnérabilité particulière au changement climatique, l’intensification des attaques terroristes et la recrudescence des coups d’État. »

En matière de sécurité, la situation sur le continent n’est guère reluisante, pour parvenir à obtenir de meilleurs résultats dans ce domaine… Macky Sall a plaidé pour une hausse des moyens. « La sécurité n’a pas de prix, mais elle a un coût », a-t-il insisté, avant d’ajouter : « Face à la montée de la menace terroriste, il nous faut plus de flexibilité budgétaire. »

Le président sénégalais a également appelé à s’interroger sur les opérations de maintien de la paix sur le continent, opérations qui engagent 75 000 soldats, mais dont les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes.


Qu’avons-nous fait pour être aujourd’hui le continent où le terrorisme s’étend et les changements constitutionnels se multiplient presque sans coups férir ? Il est grand temps de se poser la question simple mais fatale : pourquoi en sommes-nous arrivés là ?

Moussa Faki Mahamat, président de la commission de l’Union africaine

La crise du Covid-19 également évoquée

L’hôte de ce forum a conclu son propos par un message de soutien à Cyril Ramaphosa : «  soler un pays qui a séquencé un nouveau variant et qui a fait preuve de transparence, c’est non seulement discriminatoire, a estimé Macky Sall, mais aussi contre-productif parce que c’est inciter les autres à ne pas publier les résultats. »

Sans répondre directement sur ces interdictions de voyage, Charles Michel, président du Conseil européen, a tenté de se défendre en rappelant les initiatives prises par l’Union européenne pour venir en aide au continent dès le début de la pandémie : « L’Union européenne, depuis le premier jour de cette crise a été l’une des grandes régions dans le monde parmi les seules à produire des vaccins qui a décidé de maintenir massivement les exportations de vaccins. »

Une réponse qui n’a pas convaincu Cyril Ramaphosa. Après avoir salué les messages de solidarité venus du continent, le président sud-africain s’en est pris à l’union européenne et à Charles Michel : « de l’Europe, j’ai juste reçu un message disant : nous interdisons les voyages. Merci. Au revoir. A plus tard. Ce n’est pas la façon de maintenir une relation. Nous devons nous respecter entre nous ». 

Si Cyril Ramaphosa a enfoncé le clou en dénonçant l’attitude des pays développés au sujet de l’approvisionnement des différents pays en vaccins, « la rapacité dont ils font preuve est particulièrement décevante, surtout quand ils se disent nos partenaires », a annoncé, amer, le président sud-africain.

Préparatifs à la présidence sénégalaise de l’UA

La cybersécurité, la lutte contre la désinformation, la coopération entre États, le contrôle des espaces maritimes ainsi que la démographie, seront aussi évoqués lors de ce forum. La position sénégalaise sur tous ces sujets sera d’autant plus scrutée que Dakar prend début février la présidence tournante de l’Union africaine.

En marge des échanges publics, ce rendez-vous devrait d’ailleurs donner lieu à de nombreuses rencontres bilatérales. Et pour cause, un sommet entre l’Union européenne et l’Union africaine doit se tenir mi-février à Bruxelles. Ce qui explique la venue à ce forum de Charles Michel, le président du Conseil européen.


On doit ensemble, européens et africains, évaluer la situation dans le Sahel et on voit que les menaces subsistent, que la zone des trois frontières reste une zone avec beaucoup d’insécurité et d’instabilité et on voit une pression sur les Etats côtiers. Cela nous a amené à réfléchir et à voir comment on peut adapter avec les différents membres de l’UE et des Etats africains dans la région nos capacités d’offrir une réponse qui est la plus efficace possible.

Charles Michel, président du Conseil européen

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