Gabon: grogne et inquiétudes face à l’entrée en vigueur du passe sanitaire

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                Le passe sanitaire devient obligatoire à partir de ce mercredi 15 décembre au Gabon. Il sera demandé au travail, dans les banques, dans les lieux publics. Mardi, les Gabonais se sont rués dans les centres de vaccination et dans les laboratoires pour faire un test PCR. Les syndicats et certaines organisations de la société civile ont appelé à une opération ville morte ce mercredi.                </p><div readability="106.16419266889">

                <p><em>Avec notre correspondant à Libreville, </em><strong>Yves-Laurent Goma</strong>

La confédération syndicale Dynamique unitaire a appelé à une journée ville morte ce mercredi pour protester contre l’entrée en vigueur du passe sanitaire, explique son président Jean-Rémi Yama : « Pour protester contre ces mesures iniques, restez chez vous ! Nous sommes contre la vaccination obligatoire. »

Jusqu’à 8h, la circulation était très timide à Libreville, les taxis étaient rares, il y avait très peu de personnes dans les rues. Les épiciers qui ravitaillent tout le monde en produits de première nécessité sont restés fermés.

Vers 9h, la ville a commencé à s’animer petit à petit. Quelques patrouilles de la police judiciaire étaient visibles dans la rue et au ministère de la Fonction publique, par exemple, le ministre était à son bureau très tôt avec tous ses collaborateurs. Les couloirs étaient toutefois moins animés que d’habitude.

À Port-Gentil, la capitale économique, la situation était la même, selon les témoignages. Même situation à Franceville, la troisième ville du pays. Pour Bitom Efayang, un des activistes qui a appelé à la ville morte, le mouvement est suivi à 80%. Le gouvernement n’a pas encore communiqué de chiffres. 

« C’est trop, c’est de l’arnaque »

La plus grande affluence, par contre, a été constatée dans les centres de vaccination. Au marché Mont-Bouët, par exemple, le plus grand marché du Gabon, les commerçants ont fermé boutique pour aller se faire vacciner. Des travailleurs et de nombreux de jeunes ont pris l’ultimatum du gouvernement très au sérieux. « Je me suis fait vacciner. C’est la vie ! », s’exclame un jeune homme. Débordés, les agents vaccinateurs ont renvoyé plusieurs candidats à la vaccination. 

Sur place, les acteurs qui appellent à cette journée ville morte disent ne pas être contre la vaccination, mais plutôt contre les mesures coercitives qui tendent à rendre la vaccination obligatoire.

Le libre consentement n’est pas respecté selon eux, la liberté de circulation nonplus. Par ailleurs, ces acteurs s’opposent énergiquement au prix du test PCR. Celui-ci a longtemps été gratuit pour tout le monde, mais le gouvernement a décidé qu’à partir de ce mercredi, il coûterait 20 000 ou 50 000 FCFA. « C’est trop, c’est de l’arnaque » , affirment ces acteurs qui parlent de « violation de la Constitution ». 

Dès quatre heures du matin mardi, le palais des sports de Libreville – où a été installé le plus grand centre de test Covid – a donc été pris d’assaut car les habitants de Libreville ont profité du dernier jour de test gratuit.

« 20 000, c’est le prix d’un sac de riz. C’est trop cher ! Et me vacciner, je ne peux pas », s’exclame un Librevillois. « J’ai fait mon test et après cela, je vais le renouveler tant mieux. Je préfère payer 20 000 francs CFA », répond une habitante.

►À lire aussi : Reportage – Covid-19 au Gabon: les autorités jouent leur va-tout pour vacciner une population plutôt réticente

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