Goma, ville sous état de siège [1/3] – Bouclages et couvre-feu

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Voilà bientôt six mois que l’état de siège est en vigueur dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, dans l’est de la RDC, afin de pacifier durablement cette partie du pays. À Goma, la présence accrue des forces armées est constatée par les habitants de plusieurs quartiers. Mais elle ne suffit pas à enrayer le banditisme.

En face de l’immense cathédrale de Goma, la nuit tombe et les motos se font de plus en plus rares. L’interdiction de la circulation des deux roues après 19h est respectée à Keshero, un quartier périphérique considéré comme l’un des plus dangereux de la ville.

C’est ici que Jules s’est fait agresser il y a quelques semaines. « Je me suis retrouvé face un groupe de brigands qui m’ont pris mon téléphone et quelques biens. J’ai eu la vie sauve grâce à des passants. C’est aussi un endroit proche du marché de Kitou, là même où de nombreuses personnes qui souvent, ne sont pas identifiées. Et ce sont ces mêmes personnes responsables de plusieurs affaires d’agressions. »

Descentes de police nocturnes

Pour lutter contre le banditisme urbain, les autorités militaires organisent des bouclages, c’est-à-dire des descentes. Comme à Murara. En face de la prison centrale de Goma, le chef de quartier, Jonathan Nzadi nous explique pourquoi l’insécurité a diminué grâce à cette mesure : « Très tôt le matin, vers 4h, il y a des militaires qui encerclent un endroit : on entre dans chaque maison pour contrôler ceux qui s’y trouvent. On peut trouver une arme ou des cartouches et on arrête celui qui possédait illégalement l’arme. Dans le quartier Murara, il y a camp de police, où même des civils s’y sont installés. On n’arrive pas à maîtriser le mouvement des civils parmi les policiers. »

Les associations citoyennes accusent régulièrement les forces armées d’entretenir le banditisme, voire d’y participer. Ce que réfute le lieutenant-colonel Guillaume Njiké Kaiko, l’un des porte-paroles de l’armée au Nord-Kivu. Il précise qu’« aucune impunité n’est acceptée, ni tolérée au sein des forces armées de la République démocratique du Congo et de la police nationale. Nous sommes tous dans l’obligation de travailler pour que l’état de siège voulu par le chef de l’État puisse atteindre ses objectifs. »

L’objectif est de mettre fin aux violences en Ituri et dans le Nord-Kivu, en proie aux violences depuis près de 20 ans. Pour l’heure, près de 700 civils y sont décédés depuis l’instauration de l’état de siège selon le baromètre sécuritaire du Kivu.

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