Guinée: les îles de Loos ont désormais leur destin en main (2/2)

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                Ils ont une vue dégagée sur la skyline de Conakry et ses grandes tours flambant neuves. À seulement cinq kilomètres du continent, les habitants des îles de Loos vivent pourtant dans le plus grand dénuement. Au printemps, l’archipel est devenu la 6e commune urbaine de Conakry. Un nouveau statut administratif qui pourrait améliorer les conditions de vie sur les îles. Reportage.                </p><div readability="92.931426475981">

                <p><em>De notre correspondant à Conakry,</em>

Loos est un archipel isolé, auquel on accède par pirogue. Et ce n’est pas sans risque. « En 2012, au mois d’août, franchement on a été hautement frappé par cet accident, confie Abou Samaké, le maire des îles de Loos. Depuis, il y a eu un sursaut national. »

Il y a neuf ans, la mort d’une trentaine de personnes dans le naufrage d’une embarcation oblige l’État à réagir. Une liaison par bateau est mise en place. Mais depuis plusieurs mois, le navire est en réparation, explique le maire.  « L’activité principale, c’est la pêche ici ! »

Nous sommes à Kassa. L’île la plus proche du continent manque aussi d’écoles, de toilettes. Elle a du mal à gérer ses déchets. Les habitants n’ont ni électricité, ni eau courante.

« La commune a pris le pouvoir de la sous-préfecture »

Dans ce contexte, le changement de statut voté par les députés, le 16 mars dernier, représentait une avancée considérable. « La commune a pris le pouvoir de la sous-préfecture, se félicite Abou Samaké. Depuis, les contacts ne cessent de tomber, des rapprochements avec les institutions onusiennes, sans compter ceux de l’Union européenne. »

Les îles de Loos peuvent désormais défendre elles-mêmes leurs projets devant les bailleurs internationaux qui ont commencé à se pencher sur les infrastructures sanitaires. Le constat est alarmant. Kassa est la seule des îles à avoir un médecin. Elle dispose du centre de santé le mieux doté de l’archipel. Et pourtant. « Il a été construit au temps de la colonisation : le petit bâtiment ne peut pas contenir tous les services », rappelle le maire de la ville. Peu de moyens, beaucoup de patients : des femmes enceintes et des malades du paludisme, ce jour-là.

Rompre avec la marginalisation

Pour la société civile, il est temps que ça change. Elle se mobilise afin de soutenir les nouvelles autorités. « Vous vous imaginez, une localité de ce type qui a sa spécificité, souligne Alexandre Cole, membre du conseil de l’UDIL, l’Union pour le développement de l’archipel des îles de Loos. On s’est battu pour avoir une autonomie financière. Maintenant que cette autonomie est là, je vous donne quelques années, ajoute-t-il avec fierté, vous ne reconnaîtrez pas les îles. »

L’arrivée au pouvoir de la junte a créé un espoir chez certains insulaires. De rompre avec la marginalisation, l’exclusion qui frappent depuis tant d’années leur archipel.

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