Inquiet face au conflit éthiopien, le Kénya multiplie les efforts diplomatiques

inquiet face au conflit éthiopien, le kénya multiplie les efforts diplomatiques 6189d0e55e385.jpeg
inquiet face au conflit éthiopien, le kénya multiplie les efforts diplomatiques 6189d0e55e385.jpeg

Publié le :

L’inquiétude est au sommet, au Kenya, sur la situation en Éthiopie. Jeffrey Feltman, l’envoyé spécial américain pour la Corne de l’Afrique serait arrivé le week-end dernier à Nairobi pour échanger avec le président Kenyatta, après avoir rencontré le Premier ministre éthiopien. Il faut dire que face à la situation en Éthiopie, les communiqués se sont multipliés côté kényan.

Avec notre correspondante à Nairobi, Albane Thirouard

Il y a eu, tout d’abord, un communiqué du ministère des Affaires étrangères puis, du président Kenyatta lui-même, le 3 novembre. Ce dernier s’inquiète d’une crise qui « ne fait que s’aggraver » et appelle les deux camps à « mettre fin au conflit ».

Il avait déjà enjoint le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, à œuvrer pour la paix lors de l’investiture de ce dernier, à Addis-Abeba, le mois dernier, des appels au dialogue qui se succèdent, côté kényan, car les enjeux sont de taille pour le pays.

C’est le président Kenyatta lui-même qui l’a affirmé : il a multiplié les discussions avec ses homologues, aussi bien africains qu’européens ou encore américains. Le mois dernier, il avait notamment rencontré le président américain Joe Biden en personne. Il a aussi échangé, à plusieurs reprises, avec les représentants d’institutions internationales comme l’ONU ou l’Union africaine.

Au centre de toutes ces discussions : parvenir à un cessez-le-feu en Éthiopie. 

À lire aussi: Le Premier ministre éthiopien au Kenya pour une visite officielle de deux jours

Car en effet, les implications du dossier éthiopien pour le Kenya ne sont pas moindres. En termes de sécurité intérieure, d’abord. Pour Nairobi, il y un risque de voir arriver une vague de réfugiés et de prolifération d’armes si le conflit atteint le sud de l’Éthiopie. Le Kenya a d’ailleurs déjà annoncé renforcer la sécurité à sa frontière.

Peur aussi pour la stabilité régionale également, Addis-Abeba étant un partenaire sécuritaire de longue date pour le Kenya. C’est notamment un important fournisseur de troupes en Somalie dans la lutte contre les shebabs. Une escalade du conflit pourrait alors inciter le gouvernement éthiopien à rapatrier ses militaires, laissant un vide sécuritaire.

Enfin, Nairobi souhaite préserver ses intérêts économiques chez son voisin. L’opérateur téléphonique kényan, Safaricom, vient par exemple d’obtenir une licence en Éthiopie.

Total
17
Shares
Related Posts
%d blogueurs aiment cette page :