La police guinéenne arrête trois cadres de l’opposition pour des propos sur internet

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                La police guinéenne a arrêté ce mardi 5 juillet trois leaders du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), parti central dans l’opposition au troisième mandat d’Alpha Condé.                </p><div readability="82.418665790338">

                <p><em>Avec notre correspondant à Conakry,</em> <strong>Matthias Raynal</strong>

La scène, d’une extrême brutalité, a été diffusée sur les réseaux sociaux. Elle montre le militant pro-démocratie Foniké Mengué être traîné au sol par des policiers de la Brigade de répression du banditisme (BRB), puis jeté violemment dans la benne d’un pick-up. Le coordinateur du FNDC faisait l’objet de poursuites, lancées ces dernières heures par le procureur général Charles Wright. Il est accusé d’avoir discrédité la justice guinéenne dans une publication sur les réseaux sociaux.

Dans la voiture, se trouvaient aussi le rappeur Djanii Alfa et Billo Bah, responsable de la mobilisation au sein du FNDC, tous deux également poursuivis pour des propos tenus sur internet. « On n’acceptera jamais de remplacer une dictature civile par une dictature militaire », s’écrie Billo Bah, la bouche en sang.

Irruption violente en pleine conférence de presse du FNDC

Les interpellations ont eu lieu au siège du FNDC au début d’une conférence de presse dans laquelle l’organisation voulait dénoncer la décision du procureur, jugée « illégale » et « arbitraire ». Puis après la lecture d’un communiqué, Foniké Mengué a pris la parole et la police a fait irruption. Les militants du FNDC refusent alors de suivre les agents, le ton monte entre les deux parties, les policiers ressortent puis reviennent rapidement, déterminés à arrêter les trois personnalités, mais elles résistent.

L’avocat du FNDC maître Salifou Béavogui a pu rencontrer ses clients placés en garde-à-vue mardi : Foniké Menguè, coordinateur du FNDC, Djanii Alfa, rappeur et membre du mouvement, et Billo Bah, responsable de la mobilisation au sein du FNDC. Il dénonce un « non-respect des droits » de ses clients.

«La police aurait pu déposer les trois convocations au siège» au lieu «d’entrer en action» de façon «violente», explique l’avocat du FNDC Me Salifou Béavogui

Les cadres du FNDC ne sont pas les seuls à avoir été malmenés durant ces arrestations. Les journalistes ont été bousculés, les policiers tentant de les empêcher de filmer la scène.

Cette triple arrestation marque un tournant dans la transition qui dure depuis le 5 septembre et la chute d’Alpha Condé. Les autorités sont ouvertement critiquées depuis quelques mois. Leurs décisions d’interdire les manifestations, de fixer la durée de la transition à trois ans, passent mal. « Le CNRD a libéré les détenus d’opinion et les met désormais en prison », a ainsi fustigé un responsable du FNDC qui doit annoncer dans les 48h une manifestation contre la confiscation du pouvoir par la junte.

 À lire aussi : Guinée: la classe politique optimiste après la nomination de Boni Yayi comme médiateur

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