L’ambassadeur d’Algérie de retour à Paris après une brouille diplomatique

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune à Addis-Abeba, en Ethiopie, au siège de l’Union africaine, le 9 février 2020.

L’Algérie a renvoyé en France son ambassadeur rappelé fin mai après la diffusion de deux documentaires français sur le mouvement populaire antirégime du Hirak, signalant le retour à la normale des relations souvent tumultueuses entre les deux pays.

Salah Lebdioui « a repris depuis hier » (lundi), a indiqué, mardi 16 juin, à l’AFP l’ambassade d’Algérie à Paris, confirmant des informations de presse algériennes.

Cette énième brouille diplomatique avait pris fin après que le président français Emmanuel Macron avait appelé le 2 juin son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune. Les deux chefs d’Etat s’étaient engagés à « œuvrer à une relation sereine et à une relance ambitieuse de la coopération bilatérale ».

Le diplomate algérien avait été rappelé pour consultation le 27 mai dans un climat de défiance permanent des autorités algériennes à l’encontre des médias, notamment étrangers.

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C’est la seconde fois seulement, dans l’histoire de la diplomatie franco-algérienne, qu’un ambassadeur d’Algérie en France était rappelé à Alger depuis l’indépendance en 1962.

Le ministère algérien des affaires étrangères reprochait à deux documentaires – Algérie, mon amour et Algérie : les promesses de l’aube », diffusés le 26 mai sur la chaîne du service public France 5 et La Chaîne Parlementaire (LCP) – de porter atteinte au « peuple algérien et à ses institutions », y compris l’armée.

Il y voyait un acte de « malveillance » de « certains milieux qui ne souhaitent pas l’avènement de relations apaisées entre l’Algérie et la France », cinquante-huit ans après l’indépendance de l’ancienne colonie française.

Discours antifrançais

Lors d’une rencontre avec des médias algériens le 12 juin, le président Tebboune a assuré n’avoir « aucun problème » avec son homologue français, soulignant qu’il avait affiché des positions « qui l’honorent » sur la question de la mémoire et des « crimes du colonialisme français ».

Cette polémique a illustré une nouvelle fois la nature volatile des relations bilatérales.

Début avril, l’ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, avait déjà été convoqué aux affaires étrangères algériennes après des propos tenus sur la chaîne internationale France 24 concernant l’aide médicale chinoise, qui avaient fortement déplu à Alger. L’ambassadeur avait rappelé l’indépendance des organes de presse en France.

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Paris s’efforce de ne pas mettre d’huile sur le feu alors que le discours antifrançais reste un puissant facteur de légitimation aux yeux des autorités algériennes.

La France s’est ainsi gardée de toute critique après une série d’arrestations de militants du mouvement Hirak.

Avec ses milliers de kilomètres de frontières avec le Mali, le Niger et la Libye, l’Algérie est un acteur clé dans la lutte contre le djihadisme au Sahel, où la France est impliquée militairement.

Le Monde avec AFP

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